Violences conjugales : consulter

Violences conjugales : consulter pour sortir de l'enfer
Important!Par son mari ou par son conjoint, quand c’est non, c’est non ! Depuis la renforçant la prévention et la répression des violences conjugales, le viol et les violences de la femme avec qui l’on est, marié, pacsé, concubine, est plus sévèrement puni que celui-ci se passe avec une inconnue. C’est une peine de 20 années de réclusion criminelle qui menace le violeur qui viole la femme qu’il a choisie. 

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Définition des violences conjugales

La relation de couple est le lieu où sont perpétrées le plus grand nombre de toutes les formes de violence elle « peut prendre de multiples formes (physique, psychologique, verbale, économique, sexuelle et administrative) et a toujours pour but le contrôle de la victime ».

En 2008, 156 femmes sont décédées victimes de leur conjoint, (118 en 2014) soit 85 % des cas d’homicides ! La violence conjugale c’est aussi la violence au quotidien, celle qui ne laisse pas de traces.

II. Le cycle de la violence

La violence s’installe progressivement dans le couple ; son évolution suit une courbe croissante. Elle commence presque toujours par des pressions psychologiques et affectives.

Phase 1 : situations qui génèrent la violence conjugale

Cas qui provoquent un conflit dans le couple :

  1. différents au sujet de l’éducation des enfants
  2. annonce d’une grossesse non désirée
  3. des relations avec la famille tendues
  4. incompatibilité concernant la façon de gérer l’argent
  5. divergences d’opinion et incapacité à gérer la différence de l’autre

État mental de la personne qui agresse

  • incapacité à gérer les frustrations et les renoncements nécessaires de la vie
  • échecs personnels, mauvaise image et estime de soi
  • peur de la perte d’autorité, difficulté à trouver sa place et/ ou la garder

Ce que les tensions provoquent chez la personne agressée

Phase 2 du cycle de la violence : le Passage à l’acte

L’acte de violence arrive en réaction à la situation qui a provoqué la tension. Bien entendu, il a pu se développer essentiellement chez une personne qui ne se contrôle pas et de posséder pas de limites. Ne devient pas violent n’importe qui : il y a souvent un terrain.

  1. Après une agression verbale de la part de son conjoint : elle m’a traité de lâche
  2. à la suite d’une première agression physique : mon conjoint avait levé la main sur moi
  3. en réaction à un refus de relation sexuelle : elle m’a chauffé et ensuite elle voulait plus

État mental de l’agresseur

  • colère qui gronde et qui n’est plus contenue : elle explose sans retenue
  • frustration non maîtrisée
  • pulsions très fortes
  • incapacité à se maîtriser
  • désir de pouvoir et de contrôle

Émotions chez la victime

  • sentiment d’humiliation, honte
  • tristesse, colère
  • sentiment d’impuissance, désespoir

Réactions corporelles chez la victime

Phase 3 : déni de la réalité, incapacité à nommer de qu’il s’est passé

Interprétation erronée des faits et refus d’entendre ce que la victime exprime :

Incapacité chez l’agresseur à nommer les faits

  • déni de la gravité des faits : tu dis n’importe quoi, tu exagères toujours
  • déresponsabilisation : ce n’est pas de ma faute, je ne suis pas responsable 
  • transfert de la responsabilité sur la victime : c’est toi qui m’a provoqué, tu l’as cherché
  • pseudos explications psys : avec les parents que tu as eus, tu voulais qu’il t’arrive quoi ?
  • Remplace les faits : mais regarde, on est tellement bien ensembles

Incapacité la victime à nommer les faits

  • culpabilisation : si j’étais différente, il serait plus calme
  • auto dévalorisation : c’est parce que je suis moche et nulle, je ne vaux rien
  • auto responsabilisation : c’est de ma faute, je m’y prends mal avec lui
  • sentiments contradictoires envers l’agresseur : amour et agressivité
  • espoir et attachement affectif : je tiens tellement à lui ; il m’aime, il va changer

Phase 4 :  réparation et accalmie après la tempête

Actes effectués pour réparer l’agression :

  • fait des promesses : tu vas voir, ça va aller, on va être heureux, parle de mariage, d’enfant
  • offre des cadeaux : c’est souvent l’occasion d’acheter une bague, ou mieux, une maison 
  • propose des loisirs et sorties : je t’ai réservé un restaurant après le théâtre
  • achète des fleurs : je t’ai acheté celles que tu aimes tant

But recherché par l’agresseur

  • se faire excuser : chérie je t’aime… Tu me pardonnes, tu sais que je ne te ferai pas de mal
  • obtenir le pardon : tu dois me pardonner, on est un couple
  • effacer ce qu’il s’est passé : tout cela n’arrivera plus, c’est déjà du passé
  • faire oublier le désir de rompre ou de porter plainte : je tiens à toi, je veux t’épouser
  • brouiller la capacité de réflexion de la victime : tu n’es pas dans ton état normal, demain ce sera oublié
  • entretenir le doute, elle ne peut penser du mal d’un homme si gentil et attentionné : tu sais comme je sais prendre soin de toi, tu me connais, tu sais que tu es fragile et que tu prends tout à l’extrême

État mental de la victime

  • espoir de changement : il a dit qu’il allait voir un psy
  • sentiments contradictoires envers l’agresseur : amour et agressivité simultanés : je comprends plus rien, je sais qu’il m’aime, il ne voulait pas me frapper
  • il n’est pas sûr de son jugement : ma mère aussi me disait que je lui portais sur les nerfs, c’est l’histoire de ma vie ça
  • et doute de sa capacité à analyser les choses : je me demande si je suis normal (e), peut être que je suis parano en fait
  • il remet en question son intuition et son ressenti corporel : de toute façon j’suis une petite nature, les maux de ventre j’en ai toujours eus
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III. Les violences conjugales et la loi

Elles « constituent des circonstances aggravantes aux infractions pénales, qui alourdissent les peines encourues. Ceci est valable même lorsque l’acte n’a pas entraîné de séquelles« . La violence conjugale est une forme de violence qui s’exerce entre membres ou ex-membres d’un couple.

IV. Vous êtes victime de violences conjugales

Êtes-vous victime de violences conjugales ? Voici quelques situations qui vous permettront de mettre des mots sur ce que vous vivez :

Pression psychologique

  • votre conjoint vous contrôle de diverses manières
  • il vous rabaisse fréquemment devant vos proches ou devant vos enfants
  • vous avez remarqué qu’il est violent avec les animaux du foyer

Isolement des conjoints maltraités

  • vous finissez par ne plus voir votre famille ou vos amis car il vous en empêche de façon plus ou moins subtil, mais le résultat est là : vous ne voyez plus personne et plus personne ne vous téléphone.
  • il a fait le vide autour de vous : ou plus exactement, vous l’avez laissé faire le vide autour de vous.

Verbalement, il vous :

  • rabaisse, vous dévalorise, vous humilie ou vous critique devant vos proches ou vos enfants :
    T’es nulle, Regarde de quoi t’as l’air la grosse, T’es une grande malade
  • insulte, se moque de vous
  • parle en criant
  • donne des ordres : ramasse ça souillon ; écrase quand j’te parle, sort de cette pièce…
  • Menace :  tu reverras plus jamais les enfants, si tu me quittes, j’te fais la peau ; tu peux t’sauver j’te  retrouverai et je te pourrirai la vie

Physiquement

  • lancement d’objets : n’importe quoi, la tasse, les clefs, le saladier, vos affaires
  • atteintes à votre corps : il vous bouscule, vous secoue, il vous frappe, gifle, coups de poing ou de pieds, vous tire les cheveux
  • blessures : morsures, entailles, lacérations, coupures, fractures, brûlures ; il vous griffe ou vous mord
  • il vous crache au visage

Sexuellement, il vous :

  • harcèle pour obtenir des jeux ou un acte sexuel, prendre des positions dégradantes
  • force à regarder du matériel pornographique, poser pour des photos ou des vidéos ou avoir des relations sexuelles devant des tiers
  • presse à effectuer des actes que vous réprouvez
  • fait subir des abus sexuels : il vous force, ou vous viole
  • vous oblige à la prostitution

Il vous menace de :

  • se suicider si vous le quittez
  • vous tuer si vous essayez de demander de l’aide
  • de mort (les mots « je vais te tuer » se nomment menaces, ce ne sont pas des paroles anodines, tout le monde de les utilisent pas)
  • effectuer des représailles sur vos proches
  • détruire des objets auxquels vous tenez

Vous vous retrouvez soudainement le coupable

  • il ne reconnaît aucune responsabilité dans son passage à la violence
  • il explique que c’est vous qui l’avez provoqué en le mettant en colère et en le contrariant ; il n’a fait que réagir à votre comportement
  • ses paroles sont en contradiction avec ses actes ; il vous dit qu’il vous aime mais il est violent. Et quand il vous parle d’amour, vous espérez que la violence est désormais derrière vous et qu’il saura se contrôler à l’avenir.

Vous ne vous sentez pas en sécurité

  • vous avez peur pour votre sécurité et/ou celle de vos enfants
  • vous vous sentez en danger chez vous
  • vous vous êtes surprise à redouter qu’il vous approche
  • vous sursautez quand il vous parle
  • il conduit dangereusement quand vous êtes en voiture

Désir de partir

Vous vous dites que vous seriez si bien à vivre seule, sans lui

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Modification de votre comportement et de votre personnalité

Avez-vous perdu votre joie de vivre, votre confiance en vous, l’estime de vous-même ?

Violence économique

C’est le contrôle de vos dépenses et de votre rapport à l’argent en général. Cela concerne le conjoint qui :

  • contrôle votre budget (alors que cela se discute à deux)
  • exige des comptes au centime près pour le moindre achat
  • vous interdit certains achats
  • ou de travailler en dehors de la maison
  • fait pression pour être entretenu sans débourser quoique ce soit de son côté
  • vous confisque des objets : clés, papiers…
  • vous fait porter le poids des dépenses incompressibles du ménage, lui n’y participe pas, il utilise son propre salaire à des fins personnelles qui n’ont rien à voir avec le foyer.

V. Que faire ?

Quitter le domicile avec vos enfants

ATTENTION : il faut absolument éviter que ce départ ne vous soit reproché, car un conjoint n’est pas censé quitter le foyer. Pour être en règle avec la loi, vous devez déposer une main courante au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie (Faire une déclaration en main courante, c’est faire consigner des faits sans déposer plainte : c’est une simple déclaration).

ATTENTION : la police peut estimer que ce qu’il vous est arrivé constitue bel et bien une infraction et déclencher une action judiciaire, bien que vous n’ayez pas porté plainte.

Vous pouvez lui interdire le domicile conjugal

Il est possible de faire partir un époux violent du domicile conjugal afin de mettre en sécurité le conjoint et/ ou les enfants. Le conjoint violent pourra partir de lui-même, de façon volontaire ou par sa mise à distance. Cette procédure « permet à sa famille de conserver le logement familial et de ne pas perdre tout lien avec leur vie antérieure ». Cela est possible « même si c’est son bien propre ». La loi protège la famille afin de lui donner la possibilité de lancer cette procédure loin du climat de violence. 

Vous pouvez porter plainte

Cela consiste à informer le procureur de la République de ce qu’il vous est arrivé, directement, ou par un service de police ou de gendarmerie. Le site internet vous informe sur la procédure à suivre pour porter plainte auprès du procureur

Le plaignant dispose de délais au-delà desquels il ne peut plus porter plainte. On parle de délais de prescription. Sauf situation particulière, augmentée pour certains délits ou crimes commis sur un mineur et qui peuvent ne courir qu’à partir de la majorité de la victime. Par exemple, une victime d’un viol sur mineur peut porter plainte jusqu’à ses 38 ans. Les délais sont de 3 ans pour les délits (vols, coups et blessures, escroquerie) et 10 ans pour les crimes.

Aides diverses

Vous pouvez bénéficier de l’aide à l’hébergement, un accompagnement juridique et un soutien psychologique (Nos consultants peuvent pour proposer un soutien psychologique en ligne).

VI. Vous êtes violent, que faire

Demander de l’aide : un soutien professionnel peut vous aider à sortir de cet enfermement ; en général, on n’y parvient pas seul, car ce trouble du comportement est très ancré et souvent très profond. Faire une thérapie va vous permettre de comprendre votre histoire, votre mode de fonctionnement, d’être vigilant et d’apprendre à gérer la pulsion de violence quand elle apparaît.

Ressources

Sites Internet sur les violences conjugales

Vidéos

La violence conjugale : chronique d’une violence ordinaire

Ils crient… Fermons la fenêtre ! Les violences conjugales au quotidien

ll ne te viole pas, c’est ton mari : témoignage d’une femme fugitive

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