Découvrir la psycho-généalogie

Observer l'histoire familiale pour mieux se comprendre

La psycho-généalogie est une approche thérapeutique qui se penche sur les origines d’un individu et l’histoire familiale qu’il porte peut-être sans le savoir. La Psychogénéalogie permet de mieux appréhender ce que nous traversons à une période de notre vie en lien avec ce que nos ancêtres, eux, ont traversé. L’histoire de chacun est le produit de l’histoire familiale. La connaître permet d’établir des connections entre les informations que nous avons, et celles, inconscientes, qui sont véhiculées par ce qu’on nous a raconté. Connaitre notre histoire c’est faire des liens, c’est dénouer pour renouer mieux. C’est faire pousser nos racines pour mieux faire pousser nos branches. 

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Racines et branches de l’histoire familiale

« Marcher vers son identité, c’est prendre conscience de ses racines pour être bien dans ses branches » (M. Boigen).  Connaître ses racines c’est permettre à la sève de circuler, et d’engendrer des pousses plus saines et plus vives.

Connecter les informations

Les thérapeutes, ces « détectives de la mémoire », vont tenter avant tout de découvrir les secrets de famille. Il s’agira bien sur de récolter des informations, mais surtout de combler les vides laissés par des dissimulations ou des mensonges, des cachoteries, des hontes et des drames de l’histoire familiale.

Réparer les déchirures familiales 

Dans chaque famille, les enfants passent beaucoup de temps et d’énergie à combler les manques de leurs ancêtre. Ils se font une obligation de réparer les fautes, les erreurs et les échecs de leurs parents, réels ou imaginées. Ces réparations, on se les impose à soi ou aux autres membres de la famille, la plupart du temps sans le savoir.

Ne plus reproduire les erreurs de nos ancêtres

Le thérapeute en psychogénéalogie va s’intéresser aux deuils mal vécus, aux ruptures vécues dans la famille que l’enfant devenu adulte reproduit avec ses partenaires de vie et ses propres enfants. Il étudiera les non-dits toxiques pour les générations suivantes et qui peuvent « aspirer les sujets parfois dans de graves tourmentes » tant il est vrai que nous reproduisons ce que nous ne comprenons pas ou ce que nous ignorons.

Révéler l’histoire familiale est la base de la Psycho-généalogie. Sa fonction est comprendre comment s’est effectué la transmission des talents, des tares et des blessures familiales. Parmi ce que nous répétons inconsciemment, nous allons trier ce que nous voulons vraiment garder et ce que nous préférons déposer pour enfin nous décharger. La situation est tout particulièrement compliquée pour les personnes adoptées qui ne connaissent pas leur histoire quand les recherches sont impossibles (pour elles, le secours viendra du soutien psychologique et de la thérapie).

Qu’est-ce que la Psycho-généalogie

Les pères ont mangé des raisins verts

… et les dents des enfants en ont été agacées (Ezéchiel). En vérité, la traduction de l’hébreu est : « et ne dites pas que les enfants en seront agacés » ! Il y a un lien entre l’histoire des parents et celle des descendants.

Comprendre de qui nous héritons

Mais ce qui ressemble à une malédiction générationnelle n’a en réalité rien à voir avec le concept de mauvais œil ou la notion de destinée. Il n’y a pas de fatalité et il est possible ne cesser de porter l’histoire de sa famille.

Quelque chose de la vie d’un grand-père peut resurgir par exemple une ou deux générations plus tard sur un ou plusieurs de ses petits enfants. L’épisode vécu par le grand-père influencera leurs choix de vie et parfois, leur comportement apparaitront comme des témoignages, comme s’ils commémoraient des faits traumatiques.

Retrouver les maillons et les relier à la chaine

Les thérapies en Psycho-généalogie révèlent que « ce qui n’a pas été résolu par un maillon de la chaîne familiale ressort toujours au cours d’une ou plusieurs générations suivantes ». Ainsi, chacun d’entre nous se trouve parasité pendant un temps plus ou moins long de sa vie par des situations ou des personnages qui appartiennent au passé familial.

Les fantômes familiaux

Ces événements se comportent comme des fantômes de la famille qui effraient, paralysent et conditionnent tant qu’on ne les (re) connaît pas. Les habitudes et les croyances souvent transmises de génération en génération sont autant de valises qui ne nous appartiennent pas et que nous portons depuis l’enfance. Ces valises entrent parfois en conflit avec notre identité propre qui ne parvient pas à s’exprimer.

Prendre sa place dans la chaine

Rendre à César ce qui est à César, et réparer notre maillon de la chaîne familiale, celui dont nous sommes responsables, c’est le plus beau cadeau que nous puissions faire à nos enfants. Un phénomène peut courir sur deux ou trois générations : il revient un jour anniversaire familial comme le jour de la mort d’un aïeul, d’un divorce ou d’un accident. On constate par exemple qu’un événement identique affecte de nombreux membres de notre famille au même âge (perte d’un enfant, divorce, licenciement…). Ainsi Claire a-t-elle avorté au même âge que sa mère et que sa grand-mère (même si ce n’est pas pour les mêmes raisons ni dans les mêmes circonstances).

Existe-t-il une « reproduction inconsciente » entre les générations ? Peut-on parler d’un héritage psychologique ? Comment cela s’explique-t-il ?

2 types de transmissions inter-générationnelle

La transmission orale directe

Nous avons entendu certaines histoires par des membres de la famille en plusieurs occasions, par des comportements visibles (mon père déclenche toujours de véritables drames familiaux lors des repas de fêtes, ma cousine est totalement paralysée quand on lui demande l’origine de sa grand-mère) ou des sous-entendus (lorsque vous rapportiez des mauvaises notes on vous prédisait de finir comme tante Fortunée, qui quitta le pays seule et reniée par sa famille).

La transmission indirecte

Etude de l'histoire familiale et la psychogénéalogie

Prendre conscience du vécu familial

La transmission indirecte est celle qui témoigne de l’inconscient collectif qui unit une famille, de ce qui est « dans l’air » : ça se sait, même si ça ne s’est jamais dit clairement ou par allusion. Nos choix de vie se feront en fonction de notre histoire familiale, quand bien même ce savoir est inconscient.  L’histoire nous influence, même lorsque nous ne la connaissons pas, tout comme un organe fait fonctionner notre corps indépendamment de nos connaissances médicales.

Qu’en est-il des « secrets de famille, de ce passé que l’on ne connaît pas » ou de celui qu’on ne pourra jamais connaître ? Ils nous influencent tout autant. Ils sont des casiers vides ou ces ponts brisés qui ne nous permettent pas de relier les épisodes du roman. Les secrets sont des informations qui restent en l’air, sans ancres, nous empêchant de nous construire, tel un mur manquant à notre édifice.

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Le but recherché en Psycho-généalogie

Le but de la thérapie transgénérationnelle est de trouver son identité, sa place, reconnaître les comportements qui nous appartiennent et ceux dont on a hérité et remettre chacun (personnage et événements) à sa place réelle.

Des outils remarquables

  1. Pour découvrir les événements survenus dans la vie de nos parents et aïeux et qui pourraient avoir un impact sur un de nos problèmes récurrents. Pour comprendre comment faire cesser une habitude qui nous limite, nous étouffe sans que nous arrivions à l’éviter et arrêter ce cercle vicieux.
  2. Pour remettre à sa place ce morceau d’histoire qui ne nous appartient pas et que nous trimbalons depuis notre naissance.
  3. Exemple : y a-t-il un lien entre mes deux œdèmes pulmonaires et ma fille morte noyée ? Pourquoi 3 de mes enfants se sont retrouvés aux urgences pour intoxication au gaz d’une chaudière défectueuse alors que ma famille a connu les camps de la mort ? Qu’en dit la Psycho-généalogie ?

La recherche de l’histoire familiale peut éclairer de façon décisive une thérapie et empêcher par exemple l’apparition des punitions inconscientes mais bien réelles que nous nous infligeons.

Pour répondre à ces questions, le spécialiste en psycho-généalogie possède un outil majeur : le génogramme. Il s’agit de la représentation graphique de l’arbre généalogique sur lequel est signalisé ce qui relie les membres d’une même famille et les grands événements qui ont affecté la vie de chacun.

Exemple de travail effectué en thérapie

On travaillera particulièrement sur le choix du prénom des enfants qui « est loin d’être neutre car la personne qui choisit projette un ensemble de caractéristiques de la personnalité du futur enfant avec ce prénom » (Chantal Rialland – Cette famille qui vit en nous – Éditions Robert Laffont).

On posera différentes questions : qui a choisi le prénom ? Notre mère, notre père, les deux ensemble ? L’enfant porte-t-il le prénom d’une personne connue par le passé, d’un parent décédé ? Si oui quelle fut son histoire, de quelle façon est-elle morte, etc.  ?

Faire le choix du prénom d’une personne connue, c’est espérer attacher l’enfant à l’ensemble des qualités ou/et à l’histoire d’un tiers et donc parfois aboutit à lui « refiler » une histoire parfois polluante et qui, parce qu’elle, n’est pas la sienne.

Prénoms de personnes connues

« Ma mère avait en admiration son amie Catherine qui avait de vilaines jambes mais qui était très à l’aise dans son corps. Je me nomme Catherine moi aussi, et jusqu’à maintenant (j’ai 42 ans) je cache mes jambes que je trouve difformes. J’ai beaucoup de mal à être satisfaite de ma vie, comme l’était la Cathe rien (je laisse la coquille) de maman. La Psycho-généalogie m’a fait comprendre l’origine de ces conflits intérieurs.

Les prénoms des grands-parents

Si nous avons des prénoms de la famille, cela peut être lourd à porter car l’enfant cherchera à reproduire la personnalité de cet aïeul pensant, inconsciemment, que c’est la condition pour être aimé de ses parents.

psychogenealogie-therapie

C’est particulièrement vrai si le prénom a été donné pour faire plaisir ou si nous sommes en conflit avec les personnes dont nous donnons le prénom. On imagine par exemple le conflit engendré par le port des prénoms de nos 2 grands-parents alors qu’ils désapprouvaient le mariage de nos propres parents.

Le grand-père de Rony ne s’était jamais occupé de sa fille Rachel, la mère de Rony. Il faut dire qu’il voulait un fils. Depuis l’enfance, Rachel ne s’est jamais sentie ni désirée ni aimée par son père. Quand elle mit au monde son fils, Rachel le nomma du prénom que son père : Rony. Ce faisant, Rachel donnait un fils à son père, et mériter enfin l’amour et la reconnaissance paternels. Les choses ne furent pas si simples pour Rony qui portait, inscrites dans son prénom, la douleur et la « demande » de réparation maternelle. De l’autre côté, cette « transaction trans – générationnelle  » ne parvint pas à guérir Rachel de sa relation avec son père. Les racines manquantes de Rachel devaient venir d’ailleurs et en particulier, dans le renoncement à satisfaire son père.

Quelques témoignages sur la Psycho-généalogie

Sentiment de honte et enfant illégitime

Mireille a toujours eu cette impression d’être de trop, pas à sa place, qu’elle n’avait pas le droit d’être elle-même. La construction de son génogramme a mis en évidence le mariage arrangé de ses parents alors que sa mère était enceinte d’un premier amour. La lumière faite sur cette filiation douloureuse lui permis de se construire enfin.

Une histoire d’eau transgénérationnelle

Nathalie a failli perdre sa petite fille d’un an noyée dans sa baignoire. Son grand-oncle est mort noyé quelques années auparavant devant elle à la Ciotat. Le père de son mari a vécu sous dialyse de rein (impossibilité de sortir son eau) durant quelques années avant de mourir d’un œdème pulmonaire (poumons envahis par le sang). Enfin, sa nièce est morte noyée dans une fontaine à l’âge de 2 ans.

C’est lors d’un consultation pour les problèmes d’énurésie (pipi au lit) de sa 3ème fille de 7 ans que le génogramme révèle cette succession de faits impressionnante et que la maman comprend le lien probable entre ces faits.

S’engager dans une relation officielle

Romain est un jeune homme beau et équilibré qui fréquente Amina depuis 5 ans. Il l’aime mais ne parvient pas à s’engager réellement dans la relation, ce qui les fait souffrir tous les deux.
Lors de la reconstitution de l’arbre familial, Romain (Rome) apprend que sa mère a toujours regretté son amour de jeunesse, un jeune italien séduisant. Romain a un frère, Jérôme (J’ai Rome) qui vient de divorcer pour la 3ème fois. Son père est mort deux ans plus tôt dans un accident de voiture au cours d’un voyage à Venise avec sa maîtresse.
C’est en comprenant l’origine des prénoms familiaux que Romain réalise à quel point son comportement ne lui « appartient » pas. Il réalise du même coup pourquoi il redoute plus que tout de s’engager et construire son couple.

La recherche trans-générationnelle réhabilite la vérité familiale, elle permet aux histoires personnelles de se libérer. Elle autorise chacun à devenir l’individu authentique qu’il mérite d’être. Elle permet de débloquer les histoires d’amour, réhabiliter nos parents, leurs erreurs et leurs souffrances. Reconnaître leurs douleurs, mais ne pas les porter. Et donc aimer, sans avoir peur de trahir.

Ressources

Livres à lire sur la Psycho-généalogie

  • Mille et un contes de familles – Anne-Marie Garnier & Francesca Mosca
  • Totem et tabou – Sigmund Freud
  • Aïe, mes aïeux – Anne Ancelin Schützenberger Ed. D. de Brouwer
  • Le dit et le non dit ! Les secrets de famille et leur influence sur la maladie – A. Ancelin-Schutzenberger – Ed. Le corps à vivre, 1998
  • L’ange et le fantôme – D. Dumas – Ed. de Minuit
  • Comment paye-t-on les fautes de ses ancêtres – N. Canault – Ed. D. de Brouwer
  • Génogramme et entretien familial – M. Mac Goldrick, R. Gerson – Ed. E. S. F.
  • Devenir soi-même: avatars et statuts du transgénrationnel – J. J. Baranes – Ed. Dunod
  • Tintin et les secrets de famille – Secrets de famille, mode d’emploi – S. Tisseron – Ed. Aubier
  • Les fantômes de l’âme, à propos des héritages psychiques – C. Nachin – Ed. L’Harmattan
  • Cette famille qui vit en nous – C. Rialland – Ed. Robert Laffont
  • Le psychisme à l’épreuve des générations, clinique du fantôme – S. Tisseron – Ed. Dunod

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