La jalousie maladive : comprendre et guérir

La jalousie maladive : la détecter et la guérir

Vous ne supportez pas que votre partenaire s’intéresse à quelqu’un d’autre, vous surveillez ses allées et venues. Vous lui faites subir une véritable enquête de police lorsqu’il arrive en retard : pas de doute, vous êtes jaloux. Qui parmi nous n’a pas déjà éprouvé un minimum de jalousie envers son partenaire ? Qui n’a jamais eu peur de le perdre ? Attention ! Votre partenaire n’est pas votre propriété. Quand la jalousie maladive s’installe, il est temps de consulter. 

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Un sentiment si… humain!

Définitions

La jalousie est un mélange d’émotions et de comportements : colère, tristesse, frustration et dégoût, inquiétude,  soupçon, désir et besoin de posséder de manière exclusive la personne aimée. C’est un « mauvais sentiment qu’on éprouve quand on n’obtient pas les avantages obtenus par un autre ». Elle est produite par la crainte que la personne aimée ne préfère une autre que lui.

Le web regorge de définitions de la jalousie :

  • Attachement vif et inquiet
  • Amour, amitié très exclusif qui prend ombrage de tout attachement extérieur
  • Irritation et chagrin éprouvés par crainte ou certitude de l’infidélité de l’être aimé.
  • Désir du bien ou du bonheur d’autrui pour soi
  • Rivalité entre personnes, crainte de perdre ou de partager

D’où vient la jalousie ?

Ce sentiment semble inévitable au sein d’un couple. Certains vont même jusqu’à prétendre que la jalousie est une preuve d’amour… La jalousie malsaine est une intense émotion empreinte de colère et de violence. Elle est consécutive à la peur de perdre l’exclusivité de l’amour de l’être aimé au profit d’une autre personne. Cette peur est généralement non fondée, mais imaginée et exagérée par tous les petits indices pouvant l’alimenter. Retards, regards, soupirs, petites attentions, cadeaux à d’autres, sont autant de situations qui exacerbent la jalousie. Le jaloux ou la jalouse maladive détestent voir ou imaginer leur partenaire s’intéresser à d’autres personnes. Au moindre doute, le partenaire subit une explosion émotionnelle excessive que toute tentative de négation ou de justification ne fait qu’envenimer.

 Les différents types de jalousies

Dans son article « Sur quelques mécanismes névrotiques dans la jalousie, la paranoïa et l’homosexualité » Freud en distingait 3 sortes :

  1. Il qualifiait la première de normale ou ″jalousie concurrentielle″. Celle-ci n’est que la conséquence de l' »instinct de propriété » que chacun peut ressentir envers son partenaire.
  2. La seconde est dite « jalousie projetée » et intervient, par exemple, quand un homme calque sur sa femme ses propres désirs d’infidélité.
  3. La troisième, appelée « jalousie délirante » est, elle, une forme de paranoïa. Faire les poches, éplucher l’agenda du partenaire, le ou la flairer à son retour…

La dynamique de la jalousie

La jalousie maladive peut commencer dès l'enfance

Repérer les comportements jaloux

La jalousie maladive se développe en général suite à des expériences d’abandon et de privations vécues durant l’enfance. Elle est déclenchée lorsque la personne jalouse sent que son partenaire semble moins passionné,  et qu’il s’investit un peu plus ailleurs (travail ou les soins à ses enfants).

En général, la personne jalouse et son partenaire entretiennent une dynamique de plus en plus destructrice. Plus la personne jalouse exprime ses soupçons et cherche à contrôler son partenaire, plus le partenaire cherche à convaincre son conjoint qu’il n’a aucune raison d’être jaloux et tente de se défaire de son emprise. Ce comportement ne peut qu’accentuer sa jalousie puisque la personne jalouse sent que son partenaire s’éloigne.

Les symptômes

  • La vérification : agenda, poche de vêtements, téléphone notamment portable, sentir sur le corps du partenaire ou sur ses vêtements une odeur ou des traces étrangères. Accompagner ou venir chercher, surveiller, etc.
  • Le questionnement : insinuations, tester l’autre en prêchant le faux pour avoir le vrai, scènes, disputes plus ou moins violentes, questionnement de l’entourage, etc.
  • L’inhibition : attendre et tourner en rond en cas d’absence, être incapable de faire quoi que ce soit en l’absence de l’autre, etc.
  • Les ruminations : s’il essaye de contrôler au maximum le conjoint, le jaloux donne libre cours à son imaginaire, à ses fantasmes. Le moindre indice, le moindre mot, même la moindre justification de son partenaire le confortera dans son système de pensée négatives.
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De qui est-il jaloux ?

  • des amis de même sexe ou du sexe opposé de son partenaire
  • de l’environnement professionnel de son partenaire
  • d’un inconnu dans la rue ou ailleurs qui semble s’intéresser ou non à son partenaire

Il l’est aussi de toute activité sociale et même parfois de ses propres enfants etc. Quelles que soient les stratégies employées, cela aboutit à l’enfermement du conjoint suspect. Cela réduit son champ de liberté, d’une liberté suspectée de devenir l’occasion de « N» tentations.

Possessivité

Dans le cas de la jalousie maladive amoureuse, la possessivité peut être résumée en disant « Je veux que l’autre ne soit qu’à moi et je ne supporte pas son désir de liberté ». Cette possessivité est renforcée par la peur de perdre sa place privilégiée auprès du/de la partenaire.  »

Idéalisation de l’autre

La jalousie est parfois liée à la mésestime de soi, l’idéalisation de l’autre apparaît également comme une source de jalousie. En effet, cette idéalisation amène la certitude que l’autre ne peut qu’être désiré par tous les autres. Et par conséquent, la méfiance vis-à-vis de toutes les personnes qui peuvent approcher le/la partenaire idéalisée.

Parmi les causes de jalousie maladive nous pouvons citer également la projection de nos propres envies. Certaines personnes ayant des fantasmes et/ou désirs pour d’autres partenaires peuvent parfois se persuader que l’autre en a forcément aussi… Pourtant, nous ne sommes pas tous identiques en matière de pulsions.

Jalousie et violence

Violence dans le couple

Les violences dans les relations intimes sont un ensemble de comportements, d’actes, d’attitudes de l’un des partenaires ou ex-partenaires qui visent à contrôler et dominer l’autre. Elles comprennent les agressions, les menaces ou les contraintes verbales, physiques, sexuelles, économiques, répétées ou amenées à se répéter.

Violence avec les proches

Ces violences affectent non seulement la victime, mais également les autres membres de la famille, parmi lesquels les enfants. Ces comportements excessifs sont une forme de violence intra familiales.

Un indicateur précieux

La jalousie ne devient pathologique que lorsque quelqu’un se met à être méfiant, intrusif, persécuteur, et qu’il imagine des choses qui ne sont même plus du domaine du possible, mais du délire. Il faut être donc nuancé avant de qualifier la jalousie. Souvent, une personne jalouse sent que son couple bute sur un problème, même si celui-ci n’est pas de l’ordre de la tromperie.

Comment se faire aider

Lorsqu’on envisage d’épouser quelqu’un, il vaut la peine d’apprendre à le connaître mieux. La jalousie n’est jamais une preuve d’amour, c’est un symptôme d’un profond manque d’estime de soi et d’une instabilité émotionnelle qui peut être soignée.
Lorsque la jalousie est présente et qu’on l’a détectée, il est utile de l’admettre, en parler à l’autre et décider de changer sa manière d’être, puis réfléchir aux moyens d’effectuer ces changements.

Renforcer son estime de soi

Les recherches ont montré que les personnes jalouses ont souvent une faible estime d’elles-mêmes, un véritable manque de confiance ou d’amour-propre. Cela provoque le sentiment de ne pas être “Assez bien” pour l’autre et donc la peur que l’autre ne se détourne. Cette mésestime amène également une incertitude quant à sa capacité de séduction, ce qui sous-tend l’idée qu’il “me serait impossible de rivaliser” s’il ou elle rencontre quelqu’un d’autre.

Ce manque d’estime de soi peut également entraîner une peur d’être abandonné qui augmente encore les risques de sentiments de jalousie. Ces difficultés peuvent être soulagées lorsque la personne qui les vit accepte d’entrer dans un travail approfondi de type psychothérapeutique ou psychanalytique.

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Comment en sortir ?

Un mauvais barrage à la peur

Inconsciemment, la personne jalouse provoque sa plus grande peur : que son partenaire soit infidèle alors que c’est elle-même qui rêve d’un autre partenaire qui l’aimerait comme elle le veut. Mais comment ne pas s’éloigner d’un partenaire qui nous harcèle de questions. Plus la personne jalouse manque de confiance en soi et souffre d’insécurité, plus elle devient fusionnelle et fait ainsi fuir son partenaire. Celui-ci  lui exprimera de moins en moins souvent ses sentiments positifs, que de toute façon la personne jalouse mettra en doute.

Vivre avec une personne jalouse

Le conjoint d’une personne jalouse ne doit surtout pas chercher à la convaincre qu’elle n’a pas raison d’être jalouse. Elle doit aussi refuser de prendre la responsabilité de ce qui ne lui appartient pas et remettre à la personne jalouse son insécurité et son manque de confiance en elle-même.

La personne jalouse doit arrêter de chercher des indices qui alimentent sa jalousie et observer plutôt toutes les marques d’amour que son partenaire a pour elle. Elle doit cesser ses stratégies d’auto-sabotage. La psychothérapie s’avère souvent nécessaire pour que la personne jalouse puisse reprendre suffisamment de confiance en elle pour faire enfin confiance à son partenaire et s’abandonner à lui.

Mieux se connaître pour la réduire

Pour éviter le sentiment de jalousie, à chacun d’apprendre à se connaître pour trouver l’âme sœur qui ne rouvrira pas continuellement de vieilles blessures. Celles-ci remontent souvent à l’enfance, et témoignent d’un sentiment d’insécurité affective ou d’une mauvaise image de soi-même.
Apprendre à s’aimer soi-même, afin de ne plus craindre l’autre, son passé et ses fantasmes.

Émotions ressenties 

La jalousie est à l’origine de beaucoup de souffrance et de drames. Elle fait référence à la notion d’exclusion. Celui ou celle qui est jaloux s’imagine à tort ou à raison “exclu” de l’amour de l’autre et il blâme cet autre, le considérant comme l’auteur de sa souffrance.
La jalousie est une émotion complexe qui implique : la peur d’être abandonné, un sentiment de perte, de la colère, de l’envie, l’impression d’être trahi et humilié. Celui ou celle qui éprouve de la jalousie, doute de son partenaire, est préoccupé par sa fidélité ou son manque de fidélité.

Entre jalousie saine et jalousie maladive

Certains chercheurs postulent que la jalousie, lorsqu’elle est modérée et contrôlée est une émotion nécessaire car elle se manifeste lorsqu’il y a une menace sur la relation intime et alors, elle contribue à maintenir cette relation.

La jalousie “maladive”

C’est celle qui devient insupportable et qui amène à la séparation, se rencontre tout particulièrement chez les personnes qui souffrent d’instabilités émotionnelle et relationnelle et de névrose importante.

Lorsque la jalousie est tout à fait contrôlée

Et qu’elle est exprimée avec respect, alors elle peut devenir une expression de l’affection et de l’intérêt qu’on porte à l’autre. Les personnes qui sont très coopératives et capables de compassion manifestent très peu de jalousie et, surtout lorsqu’elles en éprouvent, sont capables d’en parler positivement, plutôt que de crier, empêcher leur partenaire d’avoir des relations avec l’extérieur ou manifester de la violence.

Plus fragiles que d’autres

Les couples dans lesquels l’un des partenaires est plus jeune que l’autre ou plus beau que l’autre sont particulièrement en danger, si l’un des deux est émotionnellement instable.

Une personne en insécurité sur le plan émotionnel, manifestera sa jalousie vis-à-vis de toutes les formes d’amitié manifestées par son partenaire et même envers les enfants. En d’autres termes, cette personne a tendance à être jalouse de tout ce qui fait qu’on lui prête moins d’attention.

Un processus de destruction

L’inconfort ressenti par celui ou celle qui est jaloux est converti en colère, en désir de contrôler l’autre, ses possessions, ses moyens de communication avec l’extérieur et en accusations, souvent infondées. Ainsi, la jalousie n’est pas ce qui garde l’amour, c’est plutôt ce qui le détruit. Elle peut aussi exister lorsqu’il n’y a pas d’amour. Un homme qui déteste sa femme peut ressentir de la jalousie lorsqu’il voit un autre homme s’intéresser à elle.

Sources dans l’histoire familiale

La jalousie trouve ses sources dans la petite enfance, dans le manque d’amour ou le fait d’être “mal aimé”. L’enfant peu aimé ou mal aimé va se cramponner à ses parents, puis plus tard, victime du mécanisme de la répétition, va se cramponner au premier partenaire venu et éprouver une terrible jalousie si ce partenaire donne un peu de son attention à une autre personne. C’est ce que le psychanalyste hongrois Imre Hermann nomme « le syndrome d’agrippement ».

Préserver les relations avec les proches

Ces difficultés peuvent être soulagées lorsque la personne qui les vit accepte d’entrer dans un travail approfondi de type psycho thérapeutique ou psychanalytique. 

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