Critiques et accusations ou comment le « tu » tue

Comment tuer en utilisant la formulation "tu"

Lorsque nous parlons, il est primordial de ne pas être dans les critiques, encore moins dans les accusations. Au contraire, bien communiquer, c’est parler de ses besoins, de ses sentiments, et surtout, c’est informer. En effet, quand je critique et que je dis « Tu », j’accuse, je déstabilise, et je fais naître un sentiment d’insécurité qui parfois mine la confiance. Utiliser le Tu dans les dialogues fait douter des sentiments que nous portons à l’autre. Le Tu, les critiques et les accusations détruisent la relation à petit feu. Pour se défaire de ce handicap, n’hésitez pas à consulter notre spécialiste.

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Le Tu est un parteau piqueur

Communiquer c’est rester centré sur soi et en même temps être à l’écoute. L’idéal est d’effectuer les deux simultanément. 

Tel le marteau piqueur, l'emploi du tu tueLa forme est pariculièrement importante :  les mots que nous utilisons trahissent nos pensées et nos intentions. Ils en disent long sur ce que nous pensons de notre interlocuteur.

Parmi le mots qui tuent, ceux qui culpabilisent et abiment l’estime de soi sont terrifiants.

On peut faire des reproches, exprimer ce que l’on pense vraiment, mais on ne peut pas le faire n’importe comment. Bien communiquer, c’est veiller à ne pas accuser, critiquer, démolir, déstabiliser, humilier. L’idéal serait d’être dans le non jugement, uniquement centré sur l’écoute, la reflexion et ce qu’il se apsse entre vous et l’autre.

Si l’on analyse les répercutions de l’utilisation du Tu, on peut affirmer que le Tu :

  • sépare
  • juge sans demander confirmation, sans chercher à vérifier, sans imaginer qu’il y a peut-être malentendu parce qu’on a mal compris.
  • part du principe que « j’ai raison et tu as tort »
  • n’est pas bienveillant et ne connaît pas l’empathie
  • fige le dialogue, le bloque et le rompt. Chacun reste dans son rôle : l’accusateur et l’accusé.

Nous vous proposons une série de situations accompagnées de messages « tu » et de messages « je » qui nous impliquent et nous rendent responsables de nos mots, avec entre parenthèses les raisons pour lesquelles ces messages sont des obstacles à la communication ou au contraire, en quoi ils sont appropriés. Exemples de 3 situations pour évaluer votre capacité à eviter les tu.

Situation A : gérer le stress et l’angoisse

Votre mari vous téléphone vers 18h pour vous avertir qu’il part de son travail et rentre à la maison. Il arrive avec plus de 3 heures de retard après son travail. Vous vous êtes inquiétée. Vous avez même probablement téléphoné aux urgences et au commissariat.

Message « tu »

Comment oses-tu rentrer avec 3 heures de retard ! J’en ai assez de tes salades ! Tu ne pouvais pas prévenir ? (reproches). Le téléphone tu ne connais pas ? (sarcasme). Tu m’as prise pour quoi exactement ? Ose encore une fois me refaire ça, et … (menaces)

Message « je »

  1. Je suis extrêmement en colère après toi (je fais part de mes émotions, même négatives). Je me suis rarement inquiétée comme aujourd’hui, j’imaginais le pire, j’ai téléphoné partout pour savoir s’il ne t’était pas arrivé quelque chose de grave (je n’hésite pas à montrer mes sentiments).
  2. Je suis bouleversée à l’idée que tu n’aies pas téléphoné pour m’avertir que tu aurais tant de retard (je montre mon niveau de tolérance clairement). J’ai besoin d’entendre ton explication (je lance la balle de son côté, ce qui montre que le dialogue reste néanmoins ouvert et que mon état d’esprit peut éventuellement changer).
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Situation B : mieux communiquer en famille

Vous n’avez pas téléphoné à vos parents depuis trois semaines. Trois semaines, c’est long aussi vous vous décidez à appeler. Votre mère vous répond. Le ton est froid, distant, elle ne parle pas beaucoup. Elle finit par vous dire que si vous téléphonez si peu, c’est sans doute qu’elle n’est pas si importante pour vous. Elle conclut en disant que tout compte fait, il n’y a pas à attendre grand-chose des enfants, qu’elle ferait d’ailleurs mieux d’apprendre à se passer de vous et de vos enfants par la même occasion. Vous réagissez.

Dire « tu »

  • Décidément, tu es toujours aussi cinglante, comme quand j’étais gamin (allusions aux vieux dossiers non résolus).
  • Trouver des excuses aux autres, ça, tu sais pas, hein ? (reproches).
  • Ça te vient pas à l’idée qu’il me soit arrivé quelque chose (mensonges, tentative de culpabilisation).
  • Et pourquoi ça devrait être toujours moi qui appelle ? Tu peux pas décrocher le téléphone ? (tentative de retourner la situation).
  • Chez mes amis, c’est 50/ 50 : les parents téléphonent autant que les enfants ; ils ne sont pas à faire des comptes sans arrêt (comparer, parler des autres, sortir du sujet)
  • C’est toi qui provoques ces situations (accusation)
  • Continue comme ça et je vais vraiment couper les ponts avec toi… (menaces)

Dire « je »

  • Écoute c’est vrai que ça fait longtemps que je ne t’ai pas appelé (je cite les faits) ; je comprends vraiment que cela t’ait fait de la peine (décrire les émotions) et que l’on pourrait imaginer que ce soit une preuve d’indifférence (feed back, montrer que l’on a compris).
  • Tu sais que je n’aime pas téléphoner, et que je n’ai pas grand-chose à raconter (expliquer comment vous fonctionnez). De plus j’étais vraiment débordé ces derniers temps (informer). Mais je vais essayer de faire des efforts (soyez réaliste, vous allez essayer). J’aimerai aussi que tu me téléphones quand tu en ressens l’envie, sans attendre que je le fasse, et qu’ainsi il ne se passe pas trop de temps sans que nous nous parlions (recherche de solution, proposer des alternatives, sortir du blocage).
  • Je vois que je vous êtes désemparés par mon attitude, et je m’en excuse (reconnaître et s’excuser). J’essaierai d’appeler plus souvent à l’avenir (Informer ce que vous avez l’intention de faire dans le futur) ou dire : je ne sais pas si je peux vous promettre d’appeler autant que vous le souhaiteriez, mais sachez que je vous aime (rappeler aux gens l’importance qu’ils ont pour vous).

Situation C : les critiques au travail

Critiques et agressions verbales

Votre patron contrôle régulièrement l’avancée de votre travail et s’emporte facilement lorsqu’il le juge trop lent. Il a tendance à vous rabaisser et vous abreuver de ses remarques ironiques devant un collègue. Ce comportement vous met sous tension permanente. Vous lui en avez déjà touché un mot, mais il continue.

Un jour, il passe devant votre bureau en jetant un « et bien Monsieur, c’est pas le T.G.V. ce matin, attention, vous allez vous fatiguer ! ». Cette fois c’en est trop, vous lui dites votre façon de penser.

Messages « tu »

  • je vous interdis de me parler sur ce ton (donner des ordres).
  • ça vous amuse de me faire toujours la leçon devant tout le monde (accuse, exagère).
  • les vrais dirigeants, eux, font cas de leurs employés môooosieur (moraliser).
  • votre mère ne vous a sans doute pas appris le respect  (jouer au psy).
  • je vais vous dire moi : vous êtes un sale type et une belle ordure (insultes).

Messages « je »

  • Je ne supporte pas les critiques agressives à mon égard.
  • J’ai vraiment l’impression d’être pris pour un enfant que l’on ridiculise sur sa façon de travailler (vous décrirez ce qu’il se passe, exprimez vos sentiments de façon précise et ce qui vous blesse).
  • Et pourtant, je me considère comme étant un bon employé (dire comment vous voyez la situation), mais à votre contact je suis sous tension : vous me surveillez souvent (informer) et cela me déstabilise.
  • Je n’accepte pas de continuer à travailler de cette façon (information sur la façon d’envisager le futur).
  • J’attends de vous que vous me respectiez, et je désire vraiment en parler avec vous (invite à la discussion sans agressivité).
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