Apprendre à s’exprimer clairement

Inonder le dialogue de mots

Vos dit-on souvent ne pas comprendre pas ce que vous dites ? Avez-vous l’impression de ne pas savoir expliquer ce que vous ressentez ni ordonner vos pensées ? Vous dit-on que vous déformez la réalité ou que vous avez tendance à interpréter ? Apprendre à écouter, exprimer clairement nos idées et nos émotions, travaillez sur le regard que nous portons sur autrui : c’est tout cela la bonne communication. 

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Comment rendre l’autre fou !

La communication est aussi vitale pour l’être humain que la boisson, la nourriture ou le sommeil. Et de même que nous trouvons normal de bien nous nourrir et veiller à la qualité de notre sommeil, de même devons-nous être performant en matière de communication !

Si l’on est pas doué, peut-on apprendre ? 

Rendre l'autre fou par notre dispersion

Bien communiquer n’est pas naturel : nous ne naissons pas en sachant bien communiquer, même si nous naissons avec ce potentiel. C’est pendant l’enfance qu’il se développe si l’on a eu la chance d’avoir de bons modèles. Sinon, nous aurons tendance à résister, nous justifier, tourner autour du pot et apprendre finalement à aimer un mode de communication toxique. Jour après jour, nous allons, largement ou totalement inconsciemment, faire d’immenses efforts… pour rendre l’autre fou !

Question de clarté : un des facteurs qui brouille le plus le dialogue est l’incapacité à être clair et à rester centré sur le sujet dont on parle. Du coup, la personne avec laquelle vous parlez ne sait plus comment vous suivre. Elle se perd dans les multiples exemples que vous donnez pour illustrer votre pensée. Elle-même ne sait plus comment suivre la sienne, ni où vous en êtes dans votre discours.

Comprendre et se faire comprendre

Quand les parents communiquent mal avec leurs enfants :

Avez-vous connu les cris, des jugements, des moqueries, des parents qui ne vous ont pas fait confiance dans vos capacités à discerner ce qui est bon pour vous ? Vous coupait-on la parole ? Aviez-vous le droit de ressentir ce que vous ressentiez ? Vous serinait-on des ″non tu n’es pas en colère, tu es triste″, ou des  ″mais si tu l’aimes bien ta mamie″ ? Si vous répondez oui à ces questions, alors il y a des chances que votre entourage vous ait tenu éloigné de ce que vous ressentiez vraiment (jusqu’à aujourd’hui n’est-pas ?). Vous ne savez plus faire confiance ni à vos émotions ni à votre ressenti corporel. Ainsi, quand vous voyez la tante Renée, vous ne savez plus si vous avez réellement un nœud à l’estomac, encore moins si vous avez envie de fuir. À force que votre entourage exige de faire barrière à votre ressenti au nom de certains codes (être gentil, ne pas ressentir des émotions négatives, se contrôler, obéir), vous ne percevez même plus ce que votre corps vous dit, ni vos émotions.

Quand les cartes sont brouillées

Entre ce que nos parents nous disaient que nous devions ressentir, et ce que nous ressentions vraiment, tout devenait flou : eux, moi, quelle différence ? L’éducation tend trop souvent à « saper la confiance de l’autre dans la fiabilité de ses propres réactions affectives et de sa propre perception de la réalité extérieure » (Duarte Rolo). Pas étonnant que nous ne sachions ni communiquer ni écouter quand tout est si perturbé.

Or, si nous ne savons pas clairement ce qu’il se passe en nous, comment pourrions-nous l’exprimer ! Voici des exercices que vous pouvez faire avec n’importe quel interlocuteur, que ce soit votre conjoint ou votre épicier.

II. Soyez sûr du message à transmettre

Avant de vous lancer dans une explication, 1) choisissez mentalement 3 mots clefs qui vont soutenir votre discussion  2) demandez-vous régulièrement ″de quoi suis-je en train de parler″ ? Veillez également à la forme en utilisant des messages « je » afin d’éviter des résistances chez votre interlocuteur et générer des conflits.

Exemple : vous devez expliquer à votre collègue de bureau Paul que vous allez cesser de travailler avec lui à cause d’une vague de licenciements.

Ce qu’il faut faire

Déterminez les 3 informations que Paul doit entendre. Dans notre exemple, il s’agit des 3 points ci-dessous :

  1. l’entreprise subit une crise majeure
  2. vous devez licencier 80 % de votre personnel et Paul en fait partie
  3. vous allez faire tout ce que vous pouvez pour lui trouver un autre job parce qu’il est compétent

En y mettant les formes, cela pourrait donner :

Paul, j’ai besoin de te parler, est-ce que tu as un peu de temps ? Voilà, le PDG vient de m’annoncer que la boite va être rachetée et que l’on procède à de très nombreux licenciements. Michel et toi faites partie de ceux que le PDG met en retraite anticipée. Je suis tellement désolé, je vais faire jouer mes relations dès demain pour que tu retrouves du travail, tu peux compter sur moi.

Ce qu’il ne faut pas faire

Parler d’autre chose que du sujet important

Aller droit au but afin de ne pas rendre l'autre fou!

Commencer par un historique de votre amitié commune au lieu d’annoncer directement le sujet : ″Tu connais notre amitié Paul, elle débuta à la maternelle, le jour où Jules t’avait fait un croche-pieds, qu’est-ce qu’on avait ri ce jour-là″.

Votre interlocuteur est perdu : entre le sujet dont vous parlez, et votre ton un peu solennel, il ressent bien que quelque chose est décalé. Alors il attend… Il écoute, et il attend… Et plus il attend et moins il comprend où vous voulez en venir !

Pas plus d’un sujet en même temps !

Une fois que vous avez précisé le sujet dont vous allez parler, ne vous perdez pas dans des ajouts inutiles. Restez sur le sujet, ne donnez pas plus d’un exemple, de crainte que votre interlocuteur ne comprenne plus quel sujet vous êtes en train de développer. Dans notre exemple, celui-ci ne sait plus si vous êtes en train de lui parler de sa famille, de votre amitié pour lui ou de son professionnalisme !

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III. Demandez à votre interlocuteur ce qu’il a compris

Il s’agit de vérifier si vous parlez bien tous les deux du même sujet. Toute discussion doit s’appuyer sur un fait le plus précis possible à partir duquel vous pourrez échanger. Afin d’être certain que l’autre a bien compris, vous pouvez poser directement la question. Dites par exemple : ″Je souhaite être certain que je me suis bien exprimé ; es-tu d’accord pour me dire ce que tu as compris ?″.

Vérifier que l'autre vous suit dans votre discours

Si celui-ci a du mal à résumer, c’est sans doute que votre explication n’aura pas été claire et concise. Vous pouvez alors reprendre, en faisant plus court, puis demander si cette fois votre explication lui parait plus claire (et non si son cerveau est enfin sorti de sa léthargie). Certaines personnes sont allergiques à ce genre d’exercice, et il vous faudra le tenter plusieurs fois ou le modifier si vous voulez valider les sujets évoqués.

IV. Exemple de mauvaise compréhension

Tout commence par un ″mal″ entendu

Anna exige des excuses après que Yoan l’ait insulté (ce sont ses mots). Si Yoan et Anna ne parlent pas dès le début du dialogue de ce qu’il s’est passé, si ce que chacun a dit et entendu n’est pas vérifié et confirmé, une vraie réconciliation ne pourra avoir lieu.

Observons un échange entre les 2 conjoints

Anna : tu m’as dit que je te ruinais par mes dépenses et que si je continuais comme ça je pouvais chez ma mère.
Yoan : non, je t’ai dit que ce n’était pas le moment de faire des dépenses et que je ne voulais pas me retrouver ruiné comme ta mère.

Etre en empathie pour ne pas rendre l'autre fou Anna et Yoan n’ont pas le même souvenir de ce qu’il s’est dit. Préciser ce qu’il s’est passé, même s’ils n’en ont pas le même souvenir, leur permettra de rectifier et de parler du vrai sujet qui est la façon d’utiliser l’argent du ménage.

L’explication qu’ils ont eue ensuite leur a permis de prendre conscience de leurs peurs respectives, et de les exprimer.

Préciser ses besoins

Anna a pu dire son sentiment d’insécurité dans le couple, crée par l’indécision de Yoan qui retarde sans cesse la date de leur mariage.

Yoan quant à lui a pu exprimer sa peur panique de se retrouver, comme son père, sur le carreau, à cause d’une ″femme dépensière″.

Différence entre décrire un fait et l’interpréter

Marie :tu veux contrôler mes dépenses parce que tu ne supportes pas que je gagne plus d’argent que toi″.

Si Marie avait su s’en tenir aux faits, elle aurait dit : ″tu crains que je ne dépense plus que nos salaires ne peuvent nous le permettre ?″ Ici, elle reste bien dans le sujet. Elle n’interprète pas.

Notre champ de vision nous fait voir des faits déformés qui peuvent nous transporter à des années lumières de ce qui est dit vraiment. C’est pourquoi il est si important d’être rigoureux et de poser des questions quand on n’est pas certain d’avoir compris (et même quand on l’est !).

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V. Importance d’être clair à l’écrit : bien rédiger

Comprendre la personnalité d'une personne à travers ses emails

Important! On parle beaucoup de graphologie dans l’analyse de l’écriture dans l’analyse de l’écriture, mais on ne trouve presque rien sur l’analyse de la façon de s’exprimer et l’utilisation des mots et tournures de phrases. Comment déceler la personnalité d’une personne dans sa façon de rédiger un email.  Notre formatrice en communication analyse vos messages et vous donne des conseils pour bien rédiger un email.

Notre manière de nous exprimer et de rédiger en dit long sur nous même. Notre style d’écriture a des répercussions sur nos relations personnelles et professionnelles. Elle révèle notre personnalité… En vérité pas tout à fait, car l’environnement dans lequel nous écrivons à aussi son importance : l’état psychologique, l’humeur, les difficultés de vie du moment sont également très influentes. Cependant, dans les grandes lignes, quel que soit le moment où nous écrivons, nous observons une constance dans le comportement. Voyons quelques échanges d’emails.

Annonce 1 : échange après refus de candidature

Nicolas a postulé pour un emploi de psychologue. Il lui a été demandé un CV détaillé qui a plu au directeur de l’entreprise de formation. Cependant, malgré l’intérêt de son profil, un autre psychologue a été choisi. Le directeur lui répond donc que sa candidature n’est pas retenue. Réponse de Nicolas :

Ce n’est pas loyal, c’est tout simplement incroyable. Vous allez sans doute me dire que nos emails se sont croisés ?! Vous me donnez un RV téléphonique pour 11h du matin ! Croyez-vous que je lis mes emails la nuit ? J’aurais vraiment aimé que vous vous fassiez quand même une idée de ce que je peux apporter. Je ne peux quand même pas être mis en concurrence avec un autre candidat sans avoir eu d’entretien ! !

Analyse de l’email

Si l’on va plus loin, on peut s’interroger sur sa capacité à se lever tôt : lorsqu’on commence ses journées à 06h du matin, comme la plupart des personnes qui travaillent, un rendez-vous à organiser 5 heures plus tard semble acceptable. Enfin, ne pas se tenir prêt à vite se déplacer n’est pas non plus un signe de dynamisme, à moins que cela témoigne de la qualité de son (mauvais) matelas.

Mais alors, qu’aurait il fallut écrire ?

Comment bien rédiger un email

Se révéler dans l’écriture d’une lettre & d’un mail

Voici une réponse possible parmi d’autres, plus réservée et restant dans la communication. Cette réponse montre aussi son tact, sa réactivité et sa capacité à rebondir sans dépasser les limites du savoir vivre.

« J’ai bien compris qu’un autre professionnel a été choisi par votre équipe de décision. Je me permets d’insister pour vous rencontrer afin de vous présenter mes domaines de compétences, dans l’optique où vous développerez peut-être votre équipe dans le courant de l’année ».

Annonce 2 : demande d’emploi spontanée

Nathalie travaille dans le secteur médical et envoie le message ci-dessous à une responsable de ressources humaine :

MASTER 2 BIOLOGIE A PARIS EN 1995 TRAVAIL DANS UN LABORATOIRE EN TANT QUE SUPERVISEUT ET AIDE EN LABORATOIRE A MARSEILLE PENDANT 5 ANS ET A LYON PENDANT 7 ANS.

Mise en forme et nécessité de mettre les formes

Nathalie écrit en majuscule ce qui peut être pris pour un manque de politesse et désir d’impressionner. On remarque bien sûr qu’il n’y a ni formule d’introduction à son email, ni texte de motivation. Son texte a été écrit à la va vite, et il est fort probable que la DRH ne lui répondra pas. Si le « ton » de son email a carrément déplu, il se peut même que son email soit placé dans le dossier spam du DRH.

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