Bienfaits du travail personnel: thérapie et santé

Rapport étroit entre santé physique et santé mentale

N’en déplaise aux auteurs du « Livre noir de la psychanalyse« , l’efficacité de sa pratique, comme celle des trois autres grandes orientations de la psychothérapie, est scientifiquement démontrée. Le Dr Freud n’est pas un imposteur: les effets et l’efficacité de la psychothérapie sur la santé sont prouvés.

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Ça marche? ♥ Les anti Freud ♥ Les différentes thérapies

Efficacité de la thérapie sur le bien être

Vingt-trois experts belges ont planché, pendant plus d’un an et demi, sur la question, à la demande du ministre fédéral de la Santé. Ils sont formels : la psychothérapie a un effet prouvé sur le bien être.

Cependant, si les principales pratiques sont efficaces, elles ne sont pas universelles. Les troubles de la personnalité céderont plus facilement à la cure psychanalytique, alors que l’anxiété sera mieux traitée par les thérapies comportementalistes. Notre « Livre blanc » reste ouvert, commente le professeur Isidore Pelc (ULB), qui a piloté le rapport, mais il faut bien admettre que certaines psychothérapies n’ont pas encore prouvé scientifiquement leur efficacité. Même quand elles sont pratiquées dans les hôpitaux universitaires. C’est le cas, notamment, de l’hypnose, de la relaxation, de la sophrologie ou des thérapies psycho-corporelles.

Que penser des psychothérapies?

Peut-on vérifier l’Efficacité des thérapies sur la santé? Un rapport officiel du ministère de la Santé confirme l’efficacité des psychothérapies et les effets de la psychothérapie sur la santé. Y compris de la psychanalyse, étrillée par un récent Livre noir.
L’efficacité de la psychothérapie sur la santé est scientifiquement démontrée. C’est un rapport officiel qui l’affirme. Il vient d’atterrir sur le bureau du ministre fédéral de la Santé, Rudy Demotte (PS), qui s’apprête précisément à réglementer la profession (« Le Soir » du 16 septembre).

Expertise  du Conseil supérieur d’hygiène

Elle est signée par 23 spécialistes, sous la présidence d’Isidore Pelc, professeur de psychologie médicale à l’ULB et chef du service de psychiatrie au CHU Brugmann. Les auteurs du rapport ont planché, pendant plus d’un an et demi, sur l’état des psychothérapies, en Belgique.

Objectif

Établir l’efficacité de ces pratiques, à l’aide de données scientifiques basées sur l’évidence (« evidence based »). Les quatre principales orientations des soins de santé mentale sont passées au crible, chacune selon des critères scientifiques d’évaluation pertinents : la psychanalyse, les thérapies comportementales et cognitives (TCC), les thérapies familiales, et les psychothérapies centrées sur le client (lire ci-dessous).

Résultats de l’expertise concernant l’efficacité des thérapies sur la santé

« Notre travail démontre que chaque technique est scientifiquement reconnue comme traitement efficace. Mais pas pour n’importe quelle pathologie, nuance Isidore Pelc« .

Quelle approche pour quel trouble

Toutes les orientations ne sont pas indiquées pour tous les troubles. Même face à un diagnostic identique- un état dépressif moyen, par exemple – plusieurs psychothérapies peuvent se révéler efficaces, également sur la santé.

Ainsi, la psychanalyse sera indiquée si la dépression est causée par un conflit inconscient refoulé. En revanche, si l’état dépressif est dû à une inadaptation sociale, à un problème d’apprentissage, c’est évidemment la thérapie comportementale et cognitive qui doit s’imposer.

Le problème, poursuit le professeur Pelc, c’est que ni le patient ni même la plupart des psychothérapeutes ne sont conscients de ces spécificités. À cet égard, la guéguerre que se livrent psychanalystes et comportementalistes, à travers la polémique sur « Le Livre noir de la psychanalyse », m’apparaît bien vaine.

Un imposteur, Freud?

Certains professionnels en viennent manifestement à raconter des âneries pour la simple raison qu’ils ne connaissent rien à la méthodologie et aux critères d’évaluation des psychothérapies qu’ils critiquent.

Isidore Pelc regrette ces « polémiques stériles », dit-il. D’autant plus que le rapport du CSH met aussi en évidence l’importance croissante des soins de santé mentale… En Belgique, chaque année, plus de 800.000 personne (11 % de la population adulte) manifestent un trouble mental (essentiellement des troubles dépressifs et des phobies). Mais, à peine un patient atteint sur trois consulte un thérapeute professionnel. Dans la plupart des cas, le malade s’adresse à un médecin généraliste et ne bénéficie, généralement, que d’un traitement

Efficacité des thérapies sur la santé: laquelle choisir

Quelle thérapie privilégier, sont-elles toutes efficaces? Oui, mais pas pour n’importe quel trouble: c’est l’enseignement principal du rapport du CSH sur les psychothérapies… L’expertise circonscrit l’intérêt spécifique de chaque méthode. Une analyse des spécificités thérapeutiques inédite, à ce jour, en Belgique.

1 – La psychanalyse

La cure psychanalytique classique est une méthode de résolution des conflits qui se déroulent dans notre inconscient et qui génèrent les symptômes de divers problèmes psychiques. Elle passe par la « confession » du patient sur un divan et l’écoute d’un psychanalyste qu’il ne voit pas.
Le patient doit dire tout ce qui lui passe par la tête à l’analysant et ne pas bousculer ses comportements habituels en cours d’analyse. Il s’agit d’investiguer la vie psychique consciente et inconsciente, afin d’en résoudre les conflits.

Indiquées, depuis longtemps, pour les cas de névrose, les psychothérapies psychanalytiques ont très nettement montré leur efficacité dans le traitement des troubles de la personnalité (paranoïa, personnalité obsessionnelle et compulsive, comportements excessifs, caractère antisocial, borderline…). Associées à un traitement pharmacologique (antidépresseurs), les psychothérapies psychanalytiques ont aussi un effet bénéfique significatif sur les dépressions- majeures.

En revanche, le rapport du CSH n’évoque qu’une présomption d’efficacité pour les troubles paniques et pour l’état de stress post-traumatique.

Les experts constatent, par ailleurs, que ces psychothérapies de longue durée contribuent à diminuer les dépenses de soins de santé dans d’autres disciplines médicales.
Elles diminuent le nombre de jours chômés et de jours d’hospitalisation du patient. Et améliorent ses capacités productives.

2. Thérapies comportementale et cognitive (TCC)

De plus en plus pratiquées par les psychiatres et les psychologues cliniciens, les TCC visent à modifier la façon de penser ou les réactions émotionnelles du patient, en suivant le principe de la pédagogie, des lois de l’apprentissage. L’objectif premier est de changer l’attitude du patient par rapport à son problème psychique, modifier le comportement qui gâche sa vie.

Chez l’adulte, les TCC sont efficaces pour traiter les troubles anxieux (panique, agoraphobie, phobies, etc.). Face au stress post traumatique, les TCC sont plus efficaces que les médicaments. Face aux troubles obsessionnels compulsifs, les TCC ont un effet comparable aux antidépresseurs.

En matière de dépression moyenne ou légère, les TCC sont aussi efficaces que les antidépresseurs, mais préviennent davantage les rechutes. Pas d’efficacité démontrée, en revanche, pour la schizophrénie aiguë ou l’anorexie mentale.
Chez l’enfant et l’adolescent, des preuves d’efficacité existent pour le traitement des peurs et des phobies, notamment la phobie scolaire. Le rapport n’évoque, en revanche, qu’une présomption d’efficacité pour le trouble obsessionnel compulsif et la dépression. Constat de bonne efficacité, enfin, pour l’autisme et l’hyperactivité.

3. Psychothérapies systémiques et familiales

Certains troubles psychiatriques ou difficultés psychologiques ne peuvent être traités efficacement en s’adressant exclusivement à la personne qui en souffre. De tels troubles retentissent sur l’entourage familial, qui a souvent un rôle déterminant dans l’essor même du trouble à traiter. Il s’agit alors de prendre en charge tous les membres de la famille. Cette dernière est parfois considérée comme un « système » dont il faut rétablir l’équilibre (approche systémique). Ces psychothérapies présentent un intérêt significatif pour les schizophrénies, l’anorexie, les troubles de l’humeur (dépression, maniaco-dépression, burnout et troubles au travail), l’alcoolo dépendance, l’autisme infantile, l’hyperactivité, les troubles des conduites (difficulté à se plier à des règlements et à se comporter « convenablement » en société), et les troubles anxieux chez l’enfant. L’approche systémique, largement dominante dans le contexte clinique, donne des résultats significatifs, surtout pour l’anorexie, le trouble bipolaire (épisodes maniaques accompagnés d’épisodes dépressifs) et la dépression majeure.

4. Psychothérapies expérientielles centrées sur le client

Il s’agit de l’ensemble des techniques centrées sur la personne, la gestalt-thérapie, la thérapie existentielle ou interpersonnelle, le psychodrame… Elles sont toutes basées sur le fonctionnement général du patient, plutôt que sur les symptômes qui l’amènent. Le patient est au centre de la thérapie. Par son investissement personnel, son empathie et de multiples interventions, le thérapeute est là pour aider le patient à prendre conscience de son vécu et réorganiser sa vie.

Les résultats de ces thérapies s’avèrent clairement positifs pour la dépression et le stress post traumatique. Le rapport du CSH avance leur efficacité et leur utilité clinique pour un large éventail de problématiques, certaines lourdement handicapantes, d’autres plus légères.

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