Communiquer avec le malade d’Alzheimer

Nécessité de bien s'exprimer et de garder le contact

Prendre rendez-vous avec Myriam Blache

Vie affective et besoin d’amour

Rassurer et sécuriser le malade

Le malade d’Alzheimer a essentiellement besoin d’être rassuré. Si la mémoire de la langue est précocement atteinte, la mémoire de la communication non verbale, probablement plus archaïque, reste presque toujours intacte.

Si le malade comprend mal vos mots, il reconnaît très bien vos gestes d’affection, d’irritation, de rejet et les interprète correctement. Il entend parfaitement le langage de votre corps. Il vous faut donc parler avec votre corps, accompagner vos mots de gestes simples, exprimer votre affection avec votre sourire, et surtout toucher le patient.

N’hésitez jamais à prendre ses mains dans les vôtres, à jouer avec ses mains, à caresser ou à masser ses bras, à l’embrasser, à le câliner. Ces gestes d’affection sont compris pour ce qu’ils sont. C’est tout cela qui vous permettra de nourrir le lien avec le malade d’Alzheimer.

Bien communiquer avec le malade d’Alzheimer

1) Pour lui parler, placez vous dans son champs de vision et regardez-le

Placez-vous face au malade. Soyez assis (e) s’il l’est aussi : il ne doit pas avoir à lever les yeux pour vous regarder. Que vous soyez personnel soignant ou proche, le patient doit voir vos lèvres bouger. Prenez le temps de capter son attention, évitez les perturbations extérieures.

Une seule personne à la fois bouge et parle auprès du malade. Regardez-le droit dans les yeux, ne le quittez pas des yeux : vous transmettez beaucoup d’informations par le regard, et le malade peut les reconnaître.

Présentez-vous toujours, même si vous êtes quelqu’un de très proche du patient : « Je suis Marie, ta fille« . Rappelez les repères familiaux simples : « Charles est mon mari, et tu te souviens que j’ai deux enfants, Lucie et Paul, mais ils ne sont pas là aujourd’hui« . N’hésitez pas à nommer souvent le patient par son nom.

Parlez doucement, utilisez des phrases courtes. Répétez plusieurs fois les informations importantes. Une seule information à la fois. Chaque fois que cela est possible, montrez ce dont vous parlez. Pour parler des gens, montrez des photos (si possible une photo de visage, une seule personne sur la photo).

2) Énoncer des messages clairs et poser des questions simples

Lorsque vous posez une question, la réponse ne doit pas être à choix multiple : « Que veux-tu manger » est une question trop vaste. « Veux-tu de la purée » est plus compréhensible (quitte à devoir prendre le temps d’explorer d’autres hypothèses : « Veux-tu des pâtes« , puis « veux-tu des haricots« …

Communiquez autour des choses du quotidien, sur les repas, la toilette, le chaud et le froid… Donnez des repères temporels simples et proches, aidez le patient à se repérer dans la journée : « il est trois heures, c’est l’heure de la sieste. Tout à l’heure, je te réveillerai et nous sortirons un peu« …

3) Aider le malade à s’exprimer quand il hésite à trouver ses mots

Choisissez le bon moment. Il y a des jours où le patient a envie de parler et d’autres, non. Ce n’est pas grave. Tenez compte de sa fatigue. Laissez lui le temps de chercher sa réponse, avant de commencer à l’aider.
Ne mettez pas le patient sous pression, ne le bousculez pas quand il parle. Rectifiez les erreurs du patient sans insister. La personne à qui l’on demande quelle est la saison, et qui se trompe de saison a, en tout cas, compris le sens de la question, et s’est efforcée d’y répondre. Valorisez cet effort :

Communiquer avec le malade d’Alzheimer – Exemple A

  • Intervenant : en quelle saison sommes-nous ?
  • Patient (e) : c’est l’été (alors que c’est l’hiver)
  • Intervenant : tu as hâte d’être en été, mais regarde : les arbres n’ont pas encore de feuilles, il faut attendre, c’est encore l’hiver.

Eh non, c’est l’hiver voyons ! Est la réponse à éviter.
De la même façon, rectifiez les erreurs de reconnaissance du patient, même celles qui vous concernent, sans vous formaliser et sans blesser le patient. S’il est difficile de supporter que
votre mère ne vous reconnaisse pas, il est tout aussi dramatique pour le patient de comprendre qu’il (elle) n’a pas reconnu sa propre fille.

Exemple B

  • Patiente : Bonjour Madame
  • Intervenant : Bonjour Maman. Je vois que tu ne m’as pas reconnue parce que j’ai changé de chemisier, mais je vais t’embrasser pour que tu te souviennes. Je suis ta fille Marie.

    Recourez à l’énonciation plutôt qu’aux questions. Si le patient a du mal à répondre, donnez la réponse tranquillement, et poursuivez.
  • Intervenant : Qui est sur cette photo ?
  • Patiente : C’est dehors qu’il faut aller, c’est la messe. (Incapacité de répondre)
  • Intervenant (prenant la photo) : C’est ta sœur Janine, elle est avec son mari. C’est une photo de leurs vacances, qu’ils m’ont demandé de t’amener…Lorsque le patient cherche ses mots, il faut l’aider, lui proposer des mots, essayer de terminer ses phrases. Lorsque vous y serez arrivé (e), le patient sera très soulagé.
    Répétez alors la phrase en entier pour que le patient soit bien sûr qu’il a été compris.
    Si vous voyez le patient devenir anxieux, prenez le temps de l’interroger sur ses besoins fondamentaux : « as-tu faim », « as-tu soif », « as-tu mal »; ou prenez les devants en montrant des objets : « voilà, un verre d’eau, bois en un peu ».Lorsque le patient répète sans cesse la même question, c’est en général une marque d’angoisse. Prenez le temps de répondre deux ou trois fois, puis détournez la question, ou renvoyez la gentiment. Si tout échoue, négligez simplement la question.
  • Patiente (pour la cinquantième fois) : quelle heure est-il ?
  • Intervenant : Ce n’est pas encore le soir, tu dois être fatigué mais je t’ai apporté une tisane. Tu aimes toujours la passiflore ?
  • Patiente (pour la cinquante et unième fois) : quelle heure est-il ?
  • Intervenant : Je n’ai pas l’heure, regardons par la fenêtre, à ton avis, quelle heure est-il ?
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