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La maladie

La maladie

Faire face à la maladie

Important! Être malade est une réalité décrite et expliquée par le corps médical, mais c’est avant tout une expérience personnelle qui comporte des retentissements. Ils se retrouvent tant au niveau psychologique que social ou culturel pour celui qui en souffre, que pour sa famille qui doit s’adapter. Faire face à la maladie c’est aussi le moment de comprendre ce que notre corps cherche à nous dire. Un texte d’Isabelle Bayer

Altération de l’image corporelle

  • ne plus se reconnaître physiquement : on a changé, on est fatigué
  • s’inquiète de l’image que l’on renvoie dans nos relations affectives ou sociales
  • se sentir diminué
  • devoir faire face à un déséquilibre au quotidien : nos activités habituelles et simples nous demandent des efforts et plus de temps
  • faire face à des humiliations et à la vulnérabilité
  • dépendre du regard des autres et se demander de quoi on est encore maître
  • avoir peur de l’abandon : on craint d’être délaissé, moins aimé, de ne pas guérir, d’avoir des séquelles

On se retrouve confronté à l’exclusion ou la marginalisation.

Le monde des malades est un monde à part dans lequel les critères habituels de la société comme la beauté, la rentabilité ou l’efficacité deviennent caduques.[/fusion_text][fusion_text]

Ruptures inhérentes à la maladie

La maladie provoque une rupture de l’espace psychologique : nos centres d’intérêts se retrouvent réduits, et l’on a tendance à se replier sur nous même.

Elle provoque une rupture dans la continuité de l’image de soi, et dans notre sentiment d’exister. Certaines problématiques jusqu’à lors masquées par l’activité se réveillent à cette occasion.
Faire face à la maladie c’est se projeter  dans le futur.

Maladie : nécessité d’un travail psychique

Modifier le fonctionnement psychique« La maladie organique implique une atteinte narcissique, mais aussi objectale, le malade cessant d’aimer aussi longtemps qu’il souffre« . S. Freud

On se retrouve dans « l’obligation » de faire un travail, une élaboration de la perte, un travail de deuil, un renoncement à certains aspects de soi.
Il devient vital de trouver un sens à sa maladie. On va élaborer à partir de son histoire, de son hérédité ou bien des réalités externes comme la pollution, le chômage, les traumatismes humains et personnels une théorie personnelle de notre maladie.

Il nous faut nous protéger en élaborant un lien de causalité entre nos théories imaginées et l’apparition de la maladie. Rechercher un sens à la maladie, nous permet alors de nous prendre en charge, d’être acteur et non pas seulement un objet passif livré à la médecine.

Le sens de la maladie

Ce peut être aussi notre corps qui cherche à nous dire quelque chose.

Les tensions psychologiques, les conflits que nous n’avons pas eu le courage de régler, dont parfois nous n’avons pas conscience, s’expriment au niveau physique en utilisant différents modes de communication.

  1. Le premier mode est celui d’un ressenti de tension, par exemple des douleurs dorsales, des problèmes digestifs, des malaises, un mal être psychologique.
  2. Le deuxième mode est celui du traumatisme qui ne se produit jamais au hasard dans le corps. Le choc, l’entorse, la coupure vont se produire à un endroit bien précis.
  3. Le troisième mode est celui de l’apparition de la maladie. Elle nous parle de ce qui se passe à l’intérieur de nous, et clairement nous invite à comprendre grâce à un travail sur soi avec l’aide d’un professionnel ce qu’elle cherche à nous dire.

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Affronter cette nouvelle réalité & rebondir

Un choc et un défi

L’annonce d’une maladie grave ou invalidante constitue toujours un choc. De même que lorsque nous tombons, notre corps réagit pour gérer immédiatement la douleur et la blessure, le choc de cette nouvelle information déclenche toute une série de réactions psychologiques et émotionnelles parfois incohérentes, souvent surprenantes.

Les études ont montré que l’on passe par des phases de stupeur, de colère, de tristesse et de renoncement, puis que se mettent en place les tentatives de comprendre et de ne pas perdre le contrôle de la vie en luttant contre la maladie. Au delà des angoisses et de la peur, du choc il faudra du temps pour « absorber » la nouvelle, et pour certaines maladies, du temps pour commencer le deuil de « notre vie d’avant ».

Le rôle de l’entourage

Importance majeure du réseau de soutien

Après le choc de l’annonce de la maladie, il est vital de trouver les ressources pour rebondir, et quand elles sont absentes, les créer de toute pièce. C’est ici que le rôle de l’entourage et du réseau social importent tant. Bien sur, ce ne sont pas les proches qui auront à se battre, mais ils formeront autour de la personne malade un réseau de soutien affectif et de réconfort. Leur force, leur présence et leur amour apportent de la vitalité et de l’espoir, il ne faut jamais en douter.

Choisir ses amis et ses proches

Il est important qu’ils ne sombrent pas dans le misérabilisme et l’angoisse, car alors le malade aurait à gérer et la sienne et celle des autres. Lorsqu’un proche n’est pas capable de soutenir, d’être cette épaule solide et vivante, mieux vaut s’en éloigner pendant un temps si l’on souffre de sa présence défaillante. Lorsque l’on doit affronter la maladie, les forces de vie sont précieuses, ce n’est pas le moment d’être le psy de sa famille ou de ses amis (bien que ce soit normal quand cela arrive) … Tant pis.

Le soutien psychologique en question

Le remaniement physique et psychique qui s’opère depuis l’annonce jusqu’à la victoire contre la maladie nécessite de l’aide extérieure. Une personne formée à la relation d’aide et ne faisant pas partie de la famille saura accueillir les mots du malade d’une façon plus neutre et moins impliquée que son entourage.

Il ne faut pas hésiter à consulter, voire être suivi tout au long du cheminement, que l’issue soit la guérison, la gestion d’une maladie avec laquelle il va falloir vivre, ou pour se préparer à la fin de la vie. Dans tous les cas de figure, apprendre à vivre avec la maladie, et du mieux que nous pouvons.


Ressources

Lire

  • Aide à l’euthanasie : quand un homme demande à mourir
  • Alice Miller « notre corps ne ment jamais » – Flammarion
  • Françoise Dolto « parler de la mort » – Mercure de France
  • Christiane Singer » derniers fragments d’un long voyage » – Albin Michel
  • Elisabeth Kubler Ross « Accueillir la mort » Pocket
  • Freud « deuil et mélancolie »
  • Marie de Hennezel « Mourir les yeux ouverts » Robert Laffont
  • Mélanie Klein « deuil et dépression » – Payot
  • M.Hanus et P.Cornillot « Parlons de la mort et du deuil » – Frison Roche
  • Michel odoul « dis-moi où tu as mal, je te dirai pourquoi » – Albin Michel
  • Christian Fleche « décodege biologique des maladies » – Brochet
  • Anne Ancelin schutzenberger et Evelyne Bissone Jeufroy « Sortir du deuil » – Payot

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