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Parle moi, enfant au
fond de moi Danielle
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Parle moi, enfant au fond de moi
Parle moi car mon fondement c'est toi
C'est toi qui nourris cette adulte que je suis.
Pourrais-je t'en faire partager les joies de cet état?
Comment t'atteindre, te toucher toi, si éplorée
Comment traverser ce torrent de larmes
Je te prête mes mots, je te prête ma voix
Dis moi, dis au monde entier ce que tu es, ce qu'il ne faut
pas
Car oui, n'est ce pas, il ne faut pas briser l'élan de
tes joies.
Je n'ai pas grandi
Les adultes autour de moi ne le voulaient pas
Grandir est prendre appui
J'avais le vide au bout de moi
Nul espoir, nulle joie
J'ai réinventé le monde
Ce monde où tu es toi
Ce monde là dont je ne profiterai pas
Je suis la gardienne de tes secrets
La gardienne de tes effrois
De tes violences, de tes souffrances
Je suis un morceau desséché, aride, triste, de
toi
Je suis jalouse
Tous ces efforts là c'est toi qui en as le fruit
Chaque jour je m'efforce de te l'ôter
Toi la grande tu voudrais me tuer
Je sais, je sais,
Je sais comment résister aux meurtriers
Tu ne m'auras pas!
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Je suis l'enfant qui veut partir
Sortir de toi
Je n'ai rien à faire là
Tu es la joie, ma création, je te déteste
Je hais ce que les gens aiment de toi
Moi que l'on n'aime pas
Je n'étais pas triste avant ca
Il y avait des rires, de l'amour en moi
Il n'y en avait pas autour de moi
Ils ont battu, humiliée et violé
Ils ne m'ont pas eue
Je t'avais toi.
Je veux partir, je veux grandir
Je veux parler et que l'on m'écoute
Je veux aimer
Les gens que je rencontre sur ma route
Moi je sais que c'est important
Tous ces instants là, partagés, ces moments de
joie, de tendresse
J'ai tant travaillé pour ce que tu es toi
Je te déteste d'être une partie de toi
Parfois j'aimerais te violenter
Autant que je l'ai été
Juste pour que tu touches du bout du doigt
Ce que j'étais et que tu as oublié
Parfois j'aimerais t'aimer
Pour ce que tu es de bon, de moi
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Vos enfants
ne sont pas vos enfants Kahlil
Gibran
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Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ce sont les fils et les filles de l'appel à la vie à
elle-même.
Ils viennent à travers vous mais non de vous,
Et bien qu'ils vivent avec vous, ils ne vous appartiennent pas.
Vous pouvez leur donner votre amour mais point vos pensées,
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leur corps mais pas leur âme.
Car leurs âmes habitent la maison de demain,
Que vous ne pouvez visiter, pas même en rêve.
Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux,
Mais ne tentez pas de les faire comme vous,
Car la vie ne revient pas en arrière, ni ne s'attarde
avec hier.
Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches
vivantes, sont projetés....
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Écoute-moi, s'il te plaît, j'ai besoin de parler
N'interprète pas et n'essaie pas d'analyser
Je me sentirais incompris et manipulé
Et je ne pourrais plus rien te communiquer
Écoute-moi, s'il te plaît, j'ai besoin de parler
Ne m'interromps pas pour me questionner
N'essaie pas de forcer mon domaine caché
Je sais jusqu'où je peux et veux aller
Écoute-moi, s'il te plaît, j'ai besoin de parler
Respecte les silence qui me font cheminer
Gardes-toi bien de les briser
C'est par eux bien souvent que je suis éclairé
Alors maintenant que tu m'as bien écouté
Je t'en prie, tu peux parler
Avec tendresse et disponibilité
À mon tour, je t'écouterai
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Monologue
dune colère Maude
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Quil y ait quelque chose enfin qui vienne arrêter
ce train, me broyer les pensées, me laisser un espace
pour exister. Je ne cesse de te dire que je ne suis pas que
cela. Moi ta colère, tu veux me réfréner
? Je ne suis pas doucereuse il est vrai
il est vrai aussi
que je tenvahis. Tu sais bien comment je viens ? Il te
suffit de ne rien dire ! Japparais. Quelque chose dans
tes yeux qui commence à se durcir, puis
doucement
sans teffrayer, sans te brusquer je commence à
minsinuer en toi. Je nentre pas toujours par la
même porte, parfois tu me suscite parfois cest autre
chose, plus fort que toi. Létape la plus délicate
consiste à refroidir ton cur
sinon comment
admettrais tu ces images brûlantes en toi ? Or, je me
nourris de ton feu.
Il y a toujours une bonne raison de mappeler, une souffrance
quon ta infligée, une façon de tinsurger
contre celles faites à dautres, chaque information
est bonne à traiter ! A présent que va t-on prendre
? Ah oui ! Ta mémoire : elle est emplie de choses à
désespérer. Désespérons donc ! Tu
auras bien un sursaut et pour peu que tu y réponde, je
serai là.
Ah ! Nous y voilà ! Je lai trouvée cette
image infâme qui viendra te tuer. Tiens : vois comme elle
se rue dans ton âme
je nai aucun effort particulier
à faire, elle sinsinue seule en toi. Que nous dit-elle
? Un choc
ah
les chocs
cest si bon pour
moi et si fort à la fois. Entre le moment où la
main vient toucher en un point dimpact précis lendroit
où elle va couper la peau, faire gicler le sang en une
gerbe folle et celui où tes larmes vont couler il se
passe un temps immense durant lequel je peux me positionner
parfaitement en droite ligne dans tes yeux. Tu as tout le temps
de mapprécier sous toutes mes formes pendant cette
pause exquise où la paume de la main tombe lentement
et irrémédiablement.
Découpons ce geste délectable : la main se lève,
la peur sinstalle dans laquelle je vais siéger
confortablement aux premières loges du spectacle affreux
qui va se dérouler. Jattends donc. Elle finira
bien par tomber.
Là voilà qui vient ! Je le savais
ça
ne pouvait pas durer bien longtemps ! Voyons donc maintenant
quelle va être ta réaction. Hmmm
tu te cache
? Tu tente de te protéger de cette douleur dont tu perçois
la brûlure avant même de lavoir goûtée.
Soit
essaie toujours ! Ca nempêchera pas ta
peau de crever sous lassaut ! Le geste commence à
se profiler, la main se fait dure, tu entends les mots qui préfigurent
la tombée
je sens ton ventre qui grouille et tes
jambes qui tremblent. Pour un peu tu viendrais à pleurer
! Non ! Surtout pas ! Ne pleure pas ! Les larmes sont des glissades
pour moi, elles me boutent hors de toi plus sûrement que
ta joie. Non
sers toi plutôt de moi, tu maime
après tout
cest grâce à mon intervention
à moi que tu oublie la peur et la douleur
un effort
! Allez, ça vient ! Te voilà prête maintenant,
tes yeux voient à travers tes doigts. Je peux me glisser
en toi maintenant, durcir ton corps, ton cur, ton âme,
la serrer jusquà la mort, tu ne sentiras plus rien
! Tu te sentiras libre enfin et valeureuse, tu appelleras certainement
la mort ! Tu lappelles toujours
Attention ! Le feu dartifice va bientôt commencer.
Je peux dores et déjà te décrire
ce qui va se passer pour toi. Je sais, je sens que tu veux te
défendre : allez ! Un petit effort que diable ! Prends
moi et lance tes bras en avant, crève le ce bout dordure,
fais le avant quil ne te touche !
Tu nest pas tentée ? Je comprends
ce sera
peut être pour la prochaine fois
ce nest pas
grave, je trouverai bien quelque chose à me mettre sous
la dent
A propos de dents ? Tu en as non ? La morsure !
voilà où je vais me nicher, puisque tu ne veux
pas le mordre lui alors mords toi toute seule, peut être
que cette douleur ci tempêchera de sentir lautre.
Je vois bien que ça ne donne pas ce que jespérais
Tant
pis ! Je vais te laisser avec ta peur et tes coups, je reviendrai
ensuite au cur de la nuit quand tu ne dormiras pas. Je
me retire dignement avant que cette main ne se décide
à venir enfin. Comment ? Tu me retiens ? Non, voyons
! Je ne vais pas trinquer pour toi, je vais rester là
tout à côté à attendre que tu en
aie assez, je vais observer le spectacle.
Le bleu de tes yeux se marie si bien au bleu des cieux quand
pleuvent les coups.
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Écoute-moi
Par Jacques Salomé
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Écoute-moi, s'il te plaît, j'ai besoin de parler
Accorde-moi seulement quelques instants
Accepte ce que je vis, ce que je sens,
Sans réticence, sans jugement.
Écoute-moi, s'il te plaît, j'ai besoin de parler
Ne me bombarde pas de conseils et d'idées
Ne te crois pas obligé de règler mes difficultés
Manquerais-tu de confiance en mes capacités?
Écoute-moi, s'il te plaît, j'ai besoin de parler
N'essaie pas de me distraire ou de m'amuser
Je croirais que tu ne comprends pas
L'importance de ce que je vis en moi
Écoute-moi, s"il te plaît, j'ai besoin de
parler
Surtout, ne me juge pas, ne me blâme pas
Voudrais-tu que ta moralité
Me fasse crouler de culpabilité
Écoute-moi, s'il te plaît, j'ai besoin de parler
Ne te crois pas non plus obligé d'approuver
Si j'ai besoin de me raconter
C'est simplement pour être libéré
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Écoute-moi, s'il te plaît, j'ai besoin de parler
N'interprète pas et n'essaie pas d'analyser
Je me sentirais incompris et manipulé
Et je ne pourrais plus rien te communiquer
Écoute-moi, s'il te plaît, j'ai besoin de parler
Ne m'interromps pas pour me questionner
N'essaie pas de forcer mon domaine caché
Je sais jusqu'où je peux et veux aller
Écoute-moi, s'il te plaît, j'ai besoin de parler
Respecte les silence qui me font cheminer
Gardes-toi bien de les briser
C'est par eux bien souvent que je suis éclairé
Alors maintenant que tu m'as bien écouté
Je t'en prie, tu peux parler
Avec tendresse et disponibilité
À mon tour, je t'écouterai
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Si
je savais Simon
Et si je savais
dire les mots
Les déposer, là... témoigner
De mes tempêtes, de mes années
Je n'aurais plus besoin des maux
Avoir quelqu'un à qui parler
Qui saura comprendre, sans juger
Attentif, simplement avoir
Quelqu'un pour m'écouter |
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Comme j'aime être ici ou ailleurs, comme je me sens bien
, j'ai envie de poser de ci de là une souffle de joie,
un mot doux, une caresse, une tendresse partagée. Tout
cela me vient au hasard, c'est fort et c'est chaud comme un thé
bienfaiteur par les jours de grand froid!
J'ai envie de vous dire, le nez au vent et le coeur battant,
cette respiration qui me vient, mes bras que je tends. Comme
je me sens comblée, pleine de joie, comme je voudrais
du silence et me retirer doucement pour savourer la chaleur
de la terre et la douceur du ciel. Comme j'aime à recevoir,
comme j'aime à donner.
J'ai envie de vous dire tous ces mots qui me viennent alors
que mon ventre devient chaud et frémissant. Que le soleil
est bon lorsqu'on le sent en soi. Comme il est bon de se taire
et d'entendre. Comme mes ailes sont fières et belles
en mouvement, comme il faudrait se souvenir du goût du
vent, de l'envie de soi, comme l'enfant est bon dans ses joies.
J'aimerais dire le frémissement de l'herbe et la profondeur
des étoiles. La sauvagerie des sens et du plaisir partagé.
J'aimerais donner tout cela où il n'y a pas de mots.
Souplesse, mouvement, amour, plaisir, fort, tendre, rire, chant
bas vibrant résonnant en essence directe avec l'indicible.
J'aimerais vous partager ces moments où mes bras se tendent
à hurler pour prendre, ce sourire qui se glisse sur mes
lèvres retour d'un fier moment doux et frais comme un
nuage de coton.
J'aimerais...j'aimerais vous dire les étoiles....les
étoiles...l'immensité. Que vous la sentiez frémir,
vibrer. Que vous en fassiez partie, que vous les sentiez avec
ce doux glissement. Rien ne bouge et pourtant, pourtant c'est
là. Ce mouvement de la lumière. La Terre a tourné,
le soleil me voit et le soleil m'appelle dans un mouvement d'attirance
particulière. Je me souviens que je me suis fondue en
lui.
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