Le suicide, la crise
suicidaire et les TS
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Des études montrent
que les signes précurseurs du passage à
l'acte suicidaire ne sont pas repérés par
les cliniciens dans un bon nombre de cas; et pourtant,
de nombreux drames pourraient être évités
si les signes de la crise suicidaire étaient mieux
connus.
Description de la crise suicidaire
- La crise suicidaire est une crise psychique dont le
risque majeur est le suicide.
- Elle est ressentie par la personne comme solution unique
pour sortir d'une situation blocage et de douleur intense.
La situation lui semble irréversible, sans solution.
C'est un moment où les moyens de défense
sont au plus bas et où la personne est particulièrement
vulnérable.
Comment repère-t-on la crise
suicidaire?
Il y a plusieurs signes qui témoignent d'un danger
de passage à l'acte. Il n'est pas nécessaire
qu'ils se manifestent tous en même temps pour prendre
une alerte au sérieux: selon le moment, et selon
que la crise dure depuis plus ou moins longtemps, les
signes seront différents et apparaîtront
plus ou moins clairement. On peut suspecter la crise suicidaire
lorsque plusieurs des signes ci-dessous s'expriment ensemble
ou encore lorsqu'ils apparaissent de façon inhabituelle
ou soudaine.
Ils en parlent
"80 % des sujets qui font une tentative de suicide
ou se suicident expriment de telles idées dans
les mois qui précèdent" (umvf.cochin.univ-paris5.fr).
Mais 20% n'en parlent pas du tout.
Le fait de parler d'un scénario suicidaire précis
et/ ou de le décrire, est une indication réelle
de volonté de suicide.
Modification du comportement
Anxiété, tristesse, pleurs, irritabilité,
agressivité, violence, dévalorisation, indifférence
aux manifestations affectives et au contact physique,
discours répétitifs sur des sentiments d'échec,
de culpabilité, d'injustice, d'impression d'être
en décalage avec son environnement, repli sur soi,
comportement sexuel inhabituel, etc.
Goûts et intérêts pour des personnes
ou des choses inhabituelles
Attirance soudaine par la marginalité, les mouvements
plus ou moins religieux, intérêt accru ou
nouveau pour les armes.
Modification de l'état de santé
Fatigue, troubles du sommeil, modification de l'appétit,
anorexie ou boulimie, hausse de la consommation d'alcool
et de tabac, douleurs diverses, consultations répétées
chez le médecin, arrêts de travail à
répétition, agitation motrice, état
de panique, troubles de la mémoire, etc.
Difficultés relationnelles
Crise grave dans le couple, relations conflictuelles entre
les parents et les enfants, incapacité à
supporter une hiérarchie, fugues, etc.
Modification de l'activité
Surinvestissement ou au contraire perte d'investissement
dans le travail, ne fait plus rien ou est au contraire
hyperactif, agité, sommeil trop long ,résultats
scolaires en baisse, etc.
Crise psychique de plus grande ampleur: risque aggravé
Désespoir, souffrance psychique intense exprimée
ou non, valeurs morales altérées, très
grande émotivité, trouble, cynisme, morbidité...
Quels sont les facteurs qui peuvent
provoquer la crise suicidaire?
Différents état peuvent la déclencher:
- dépression, troubles psychiatriques, alcoolisme,
toxicomanie, maladie
- relations conflictuelles à l'école, problèmes
d'intégration sociale
- placement dans un foyer d'accueil, en institution ou
dans un centre de détention, changement d'environnement,
immigration, deuil, rupture avec le groupe social ou communautaire
- environnement familial violent, maltraitante, conflits
divers
- difficultés économiques persistantes,
licenciement
- traitement discriminatoires
- difficulté avec la loi
On considère comme
en urgence élevée le cas d'une personne
qui:
- a déjà planifié le passage à
l'acte pour les jours qui viennent et rationalise de surcroît
sa décision
- a le sentiment d'avoir tout fait et tout essayé
- a en sa possession un moyen de se suicider: médicaments,
armes, etc.
Paradoxalement, lorsqu'une personne est dans ce type de
crise, et que de façon très soudaine elle
semble aller mieux, le risque de passer à l'acte
est majeur (syndrome présuicidaire de Ringel).
Quel comportement adopter face
à une crise suicidaire?
Une présence bienveillante
Face à une personne qui manifeste une crise suicidaire,
il convient de créer un climat d'empathie, la mettre
en confiance, l'écouter et l'entourer, montrer
que l'on est présent. Dans tous les cas, il convient
de prendre cette personne au sérieux: les signes
de la crise suicidaire sont autant d'appels au secours.
Ne jouez pas au psy, ne tentez de la secouer.
C'est grâce à un tel accompagnement que la
personne sortira de son isolement et pourra prendre la
décision de consulter un médecin et d'accepter
un soutien thérapeutique.
État d'esprit favorable pour l'écoutant
L'état d'esprit suivant est particulièrement
positif et relativement simple à adopter: pensez
que vous ne savez pas ce que l'autre ressent, essayez
d'écouter entièrement, sans arrière
pensée, sans forcer. Efforcez-vous de ne pas être
obnubilé par la volonté de sauver l'autre,
car alors vous ne pensez qu'à votre "rôle"
et vous n'êtes plus en phase avec lui. Développez
votre capacité à avoir confiance en autrui:
un être humain est un monde en puissance, une source
de vie réelle, c'est à cette partie là
de lui même qu'il faut parler.
Ne pas dire
- Ça va passer (vous prophétisez, vous êtes
trop sûr de vous,vous minimisez le problème)
- Tu sais, moi aussi je disais la même chose, et
tu vois je m'en suis sorti (oui, mais lui n'est pas dans
cette optique, et il n'a pas la force de s'imaginer qu'un
jour ça peut aller mieux)
- Viens, on sort, ça va te changer (vous mésestimez
son mal être et il se sentira rejeté)
- Tu devrais de mettre au sport (ce n'est pas le moment
ni d'en faire, ni d'en parler)
- Reprends toi, tu es fort! (peut être aura-t-il
envie de vous prouver très vite que non)
La personne va se sentir incomprise. Son sentiment de
solitude sera encore plus grand et sa volonté de
ne plus se confier sera confirmée.
Ne pas questionner
N'essayez pas d'en savoir plus, de vous lancer dans de
longues diatribes: la personne en crise est affaiblie,
perturbée, elle n'a ni la force, ni l'envie de
répondre à de multiples questions.
Vous devez juste être présent et pratiquer
l'écoute active si vous en avez l'habitude.
Ne pas donner de conseil
- je sais ce qu'il te faut
- tu devrais faire comme Madame Dumont
Rôle de la famille et de l'entourage
Le sujet suicidaire exprime souvent son intention à
la famille, de façon plus ou moins claire; il lui
manifeste son état par des signaux et une demande
d'aide qui devraient alerter sa famille. Souvent, c'est
par la crise suicidaire que la personne s'adresse à
sa famille.
Cependant, et bien que la famille prenne généralement
conscience du danger qui guette la personne, ses inquiétudes
se transforment trop peu souvent en actes. Quelles sont
les causes de cette difficulté à réagir
?
- la communication entre les membres de la famille ne
passe pas, celle-ci n'arrive pas à reconstruire
les liens affectifs.
- tabous à parler du suicide, surtout lorsqu'il
s'agit d'imaginer celui d'un enfant
- une crise suicidaire à déjà touché
un membre de la famille
Quoi faire en premier? Précautions
à prendre. Urgences
Les premières attitudes recommandées sont
les suivantes:
- prendre contact avec le médecin de famille ou
le thérapeute de la personne.
- modifier son environnement afin d'éviter tout
passage à l'acte: objets et médicaments
dangereux, etc.
Enfants et ados
L'enfant exprime rarement des idées suicidaires.
On remarquera qu'il est souvent seul ou est la tête
de turc de sa classe. On sera vigilant face à des
troubles de la communication et de l'apprentissage, à
une hyperactivité. Il convient de consulter lorsqu'un
enfant n'arrive plus à retenir ses selles ou urine
sur lui, s'il se blesse sans arrêt. On s'interrogera
lorsqu'il parle ou s'intéresse beaucoup à
la mort.
L'adolescence est une période de grande vulnérabilité.
Isolement affectif, ruptures sentimentales, échecs
scolaires,construction personnelle,conflits avec les parents
ou/ et l'autorité etc .

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