Critiques et accusations: le « tu » tue

Comment tuer en utilisant la formulation "tu"

Important!Lorsque nous parlons, il est primordial de ne pas être dans  les critiques, encore moins dans les accusations, mais au contraire, parler de ses besoins, de ses sentiments, et surtout: d’informer. En effet, quand je critique, que je dis « tu », ce « tu » accuse, il déstabilise, il fait naître un sentiment d’insécurité qui parfois mine la confiance et fait douter des sentiments que nous portons à l’autre. Le « Tu », les critiques et accusations détruisent petit à petit la relation.

Communiquer c’est rester centré sur soi et en même temps être à l’écoute: l’analyse transactionnelle montre comment effectuer les deux simultanément. Bien communiquer, c’est s’efforcer de ne pas culpabiliser l’autre sans cesser de s’ouvrir à lui. C’est veiller à ne pas accuser, critiquer, démolir, déstabiliser, humilier… Le message « je » c’est celui qu’enseigne l’analyse transactionnelle alors que le tue:

  • sépare
  • juge sans demander confirmation, sans chercher à vérifier, sans imaginer qu’il y a peut-être malentendu parce qu’on a mal compris.
  • n’est pas bienveillant, il ne connaît pas l’empathie.
  • fige le dialogue, le bloque: chacun reste dans son rôle, accusateur et accusé.
  • dialogue est rompu.
  • part du principe « j’ai raison et tu as tort ».

Nous vous proposons une série de situations accompagnées des messages tu et je, avec, entre parenthèses, les raisons pour lesquelles ces messages sont des obstacles à la communication ou au contraire, en quoi ils sont appropriés. Exemples de situations.

Situation A: gérer le stress et l’angoisse

Votre mari vous téléphone vers 18h pour vous avertir qu’il part de son travail et rentre à la maison. Il arrive avec plus de 3 heures de retard après son travail. Vous vous êtes inquiétée. Vous avez même pu téléphoner aux urgences et au commissariat.

Message « tu »

Comment oses tu rentrer avec 3 heures de retard! J’en ai assez de tes salades! Tu ne pouvais pas prévenir? (reproches). Le téléphone tu connais pas? (sarcasme). Tu m’as prise pour quoi exactement? Ose encore une fois me refaire ça, et … (menaces )

Message « je »

  1. Je suis extrêmement en colère après toi (je fais part de mes émotions, même négatives). Je me suis rarement inquiétée comme aujourd’hui, j’imaginais le pire, j’ai téléphoné partout pour savoir s’il ne t’était pas arrivé quelque chose de grave (je n’hésite pas à montrer mes sentiments).
  2. Je suis bouleversée à l’idée que tu n’aies pas téléphoné pour m’avertir que tu aurais tant de retard (je montre mon niveau de tolérance clairement). J’ai besoin d’entendre ton explication (je lance la balle de son côté, ce qui montre que le dialogue reste néanmoins ouvert et que mon état d’esprit peut éventuellement changer).

Situation B: mieux communiquer dans la famille

Vous n’avez pas téléphoné à vos parents depuis trois semaines. Trois semaines, c’est long aussi vous vous décidez à appeler. Votre mère vous répond. Le ton est froid, distant, elle ne parle pas beaucoup. Elle finit par vous dire que si vous téléphonez si peu, c’est sans doute qu’elle n’est pas si importante pour vous. Elle conclut en disant que tout compte fait, il n’y a pas à attendre grand chose des enfants, qu’elle ferait d’ailleurs mieux d’apprendre à se passer de vous et de vos enfants par la même occasion. Vous réagissez.

Dire « tu »

  • décidément, tu es toujours aussi cinglante, comme quand j’étais gamin (allusions aux vieux dossiers non résolus).
  • trouver des excuses aux autres, ça, tu sais pas, hein? (reproches).
  • ça te vient pas à l’idée qu’il me soit arrivé quelque chose (mensonges, tentative de culpabilisation).
  • et pourquoi ça devrait être toujours moi qui appelle? Tu peux pas décrocher le téléphone? (tentative de retourner la situation).
  • chez mes amis, c’est 50/ 50: les parents téléphonent autant que les enfants; ils ne sont pas à faire des comptes sans arrêt (comparer, parler des autres, sortir du sujet).
  • c’est toi qui provoques ces situations (accusation).
  • continue comme ça et je vais vraiment couper les ponts avec toi… (menaces).ci

Dire « je »

  • Écoute c’est vrai que ça fait longtemps que je ne t’ai pas appelé (je cite les faits); je comprends vraiment que cela t’ait fait de la peine (décrire les émotions) et que l’on pourrait imaginer que ce soit une preuve d’indifférence (feed back).
  • Tu sais que je n’aime pas téléphoner, et que je n’ai pas grand chose à raconter (expliquer comment vous fonctionnez). De plus j’étais vraiment débordé ces derniers temps (informer). Mais je vais essayer de faire des efforts (niveau réaliste: « je vais essayer »). J’aimerai aussi que tu me téléphone quand tu en ressens l’envie, sans attendre que je le fasse, et qu’ainsi il ne se passe pas trop de temps sans que nous nous parlions (recherche de solution, proposer des alternative, sortir du blocage).
  • Je vois que je vous êtes désemparé par mon attitude, et je m’en excuse (reconnaître et s’excuser). J’essaierai d’appeler plus souvent à l’avenir (Informer ce que vous avez l’intention de faire dans le futur) ou dire: je ne sais pas si je peux vous promettre d’appeler autant que vous le souhaiteriez, mais sachez que je vous aime (rappeler aux gens l’importance qu’ils ont pour vous).

Situation C: les critiques au travail

Critiques et agressions verbales

Ménager les liens en soignant sa façon de parler

Votre patron contrôle régulièrement l’avancée de votre travail et s’emporte facilement lorsqu’il le juge trop lent. Il a tendance à vous rabaisser et vous abreuver de ses remarques ironiques devant un collègue.

Ce comportement vous met sous tension permanente. Vous lui en avez déjà touché un mot, mais il continue.

Un jour, il passe devant votre bureau en jetant un « et bien Monsieur, c’est pas le T.G.V. ce matin, attention, vous allez vous fatiguer! ». Cette fois c’en est trop, vous lui dites votre façon de penser.

Messages « tu »

  • je vous interdis de me parler sur ce ton! (donner des ordres).
  • ça vous amuse de me faire toujours la leçon devant tout le monde (accuse, exagère).
  • les vrais dirigeants, eux, font cas de leurs employés Mô..sieur ! (moraliser).
  • votre mère ne vous à sans doute pas appris le respect! (jouer au psy).
  • je vais vous dire moi: vous êtes un sale type et une belle ordure (insultes).

Messages « je »

Je….

  • ne supporte pas les critiques agressives à mon égard.
  • ai vraiment l’impression d’être pris pour un enfant que l’on ridiculise sur sa façon de travailler (vous décrirez ce qu’il se passe, exprimez vos sentiments de façon précise et ce qui vous blesse).
  • me considère comme étant un bon employé (dire comment vous voyez la situation), mais à votre contact je suis sous tension: vous me surveillez sans cesse (informer) et cela me déstabilise.
  • n’accepte pas de continuer à travailler de cette façon (information sur la façon d’envisager le futur).
  • attends de vous que vous me respectiez, et je désire vraiment en parler avec vous (invite à la discussion sans agressivité).

Un article de Malka Berneron: Prendre rendez-vous & écrire ~ Témoigner

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