Dire « je » et parler de soi

Et si je parlais au nom d'une autre personne?

Important!Parler « je », utiliser la première personne pour communique, c’est prendre ses responsabilités: je dis que…,  je pense que…,  je préfère… C’est accepter les renoncements qu’impliquent nos choix (je choisi A et pas B) et ne pas en souffrir outre mesure, ni trop longtemps. Dire « je » c’est bien vouloir dire qui l’on est, sans crainte et sans peur; c’est prendre acte, en acceptant cette réalité implacable, que l’on ne peut plaire à tout le monde et que ce n’est pas dramatique! Car vouloir plaire à tout prix, c’est risquer de se perdre.

Thomas Gordon a repris les recherches de Maslow et Carl Roger sur la satisfaction des besoins. La méthode Gordon enseigne comment prendre soin à la fois de nos besoins et de ceux que nous côtoyons; c’est un outil de communication qui évite les conflits, les petites manipulations du langage, et nous oblige à prêter attention à nos intentions (La Communication dite non violente, la C.N.V, développe également cette idée). C’est la technique « gagnant gagnant« .
Parler « je » c’est se concentrer sur ses sentiments et ses idées propres, être capable à tout moment de repérer si l’émotion qui nous envahit « ici et maintenant » nous appartient réellement.  [/fusion_text]

Qui parle en moi?

Héritier d’une culture, d’une religion, d’une histoire familiale, nous sommes pleins de croyances et de certitudes que nous ne remettons en cause qu’avec difficulté, souffrance et culpabilisation. Certains de devoir porter haut le flambeau familial et toutes les valeurs que l’on nous a transmises, nous n’osons pas être qui nous sommes… pire: souvent, nous ne nous ne nous connaissons pas vraiment. Voyons quelques situations dans lesquelles il se pourrait bien que nous ne soyons pas nous-même.

Situation 1:  Je hurle après mes enfants parce que leur chambre n’est pas rangée: est-ce finalement aussi dramatique que ça, qui faisait cela dans mon enfance, mon père? A bien y réfléchir, finalement, cela m’est parfaitement égal qu’elle soit rangée sa chambre!

Situation 2:  Je hais le noir, j’interdis à ma fille d’en porter. Ma grand-mère disait souvent que cela porte malheur,  que le noir c’est pour les cimetières. En vérité, si je m’écoutais, je pourrais tout aussi bien le lui permettre; elle a peut-être raison la petite, c’est plutôt « classe » le noir.
Il est important de ne pas mélanger ce qui est à moi et ce qui ne l’est pas.

Ce que « parler-je » n’est pas

Ce n’est pas parce que je parle de moi, que je tente d’ être authentique et assertif, que je ne dois parler que de moi; l’autre aussi parle et écoute et il nous faut prêter attention à son « je » si nous voulons construire un lien ou une relation correcte voire satisfaisante. Le parler-je n’est pas un nouvel outil de guerre pour renforcer l’égocentrisme et le désintérêt des autres, il est une façon juste de se centrer sur soi dans le but de parler de qui nous sommes vraiment et de développer de bonnes relations entre les individus.

Faire des Je-compliments

Encourager, c'est nourrir. C'est créer un lien entre "je" et "tu"

Aimer bien, c’est aider l’autre à s’aimer

Les « je » d’appréciation, comme les « je » d’amour, d’affection, de joie et de satisfaction, sont des facteurs importants d’épanouissement. Ils créent la chaleur, la franchise, la confiance, le respect, et l’affection. Ils contribuent à se sentir vivant!

Exemples: j’apprécie quand tu…, je suis si fière quand tu…, j’ai remarqué combien tu…., je t’aime, tu es important pour moi, je te suis reconnaissant de… Savons-nous faire des compliments, dire que nous aimons? Ces messages-là font-ils partie de notre vie quotidienne ou attendons-nous plutôt que nos émotions débordent pour oser les lâcher?

Voici quelques situations qui mériteraient amplement une remarque affectueuse ou un compliment, parce qu’elles constituent de véritables calories affectives (ce que la PNL appelle des « strokes »). A dire sans modération! Exemples de situations:

Parler « je » dans les relations parents enfants

Mon fils de 11 ans est allé faire les courses au supermarché et rien ne manque.

Réaction neutre

  • Pose ça là
  • OK
  • T’as pu tout ramener?

Réactions négatives

  • Je ne sais pas ce qui m’a pris de demander de faire ça à un gamin de ton âge
  • Bon, voyons voir ce que tu as encore du oublié
  • Heureusement que je t’ai pas attendu pour commencer le repas

Accompagner et non dresser: tout un art!

Calories affectives

  • Merci mon grand pour ton aide, tu ne peux pas savoir le poids que tu m’as enlevé!
  • Je suis heureuse de ce service que tu viens de me rendre, chapeau!
  • Tu vois, je me rends compte comme tu grandis, je suis vraiment fière de toi!

Parler je dans le couple

Le repassage de mes chemises est un sujet de discorde régulier entre ma femme et moi: elles ne sont jamais prêtes au bon moment. Ce soir, elles étaient repassées et rangées dans mon armoire

Une réaction neutre

  • Ah! Mes chemises!
  • Tu les as mises là?
  • T’as pu toutes les repasser?

Une réaction négative

  • Enfin! Mes chemises sont repassées…
  • T’as pas oublié de faire les cols?! Pince moi, je rêve!

Avec calories affectives

  • Je suis vraiment heureux que tu aies pu repasser mes chemises aujourd’hui!
  • Merci ma chérie… c’est important pour moi cette histoire de chemises.
  • Ça me touche que tu aies fait ces efforts pour me faire plaisir.
  • Viens que je t’embrasse

Quand parler-je renforce la communication

J’appelle mon fils pour la cinquantième fois afin qu’il range sa chambre et passe l’aspirateur. Il grogne et me nargue, mais m’informe une demi heure plus tard que ça y est, c’est fait.

Exercices pour apprendre à bien s'exprimer

Des réactions neutres

  • C’est bon, tu peux aller chez ton copain si tu veux.
  • Ça va, j’ai vu…
  • Tu as passé l’aspirateur sous le lit aussi?

Des réactions négatives

  • Ben tu vois, quand tu veux, t’es pas manchot
  • Alors comme ça, t’as fini par la ranger?
  • J’espère que la prochaine fois j’aurais pas à te le répéter que 49 fois!

Avec des calories affectives

  • Je suis heureuse que ta chambre soit rangée, c’est tellement plus agréable.
  • Je sais que tu n’aimes pas ranger et j’apprécie que tu l’aies fait malgré tout.
  • Merci de m’avoir écouté, je n’aime pas quand je suis fâchée après toi (et je le prends dans mes bras)

Comment parler je

Parler je et rester centré sur nos besoins

Mon fils est dans sa chambre avec son copain Lucas. Je lui demande de trier ses jouets et ramasser ses affaires de classe. Il me rappelle qu’il est pas une fille, et que chez lui, c’est sa femme qui le fera, mais il s’exécute tout de même.

Les réactions neutres

Maintenant tu peux filer
Ça va, je regarderai plus tard ce que tu as fait
Tu penses à ranger l’aspirateur?

Les réactions négatives ou sarcastiques

  • Au fait, pour ta femme, t’as intérêt à t’y mettre maintenant pour la trouver, ça va être coton
  • Et sache que fille ou garçon, le régime est le même ici
  • Mais voyez-vous ça ce grand garçon, il a quand même rangé sa chambre…
  • Tu me prends pour ta bonne, tu es comme ton père (Messages « tu » culpabilisant)

Les calories affectives

  • Je sais que ça n’est pas facile de faire le ménage devant tes copains, je te remercie de l’avoir fait.
  • Je sais que tu n’aimes pas ranger, je suis contente que tu l’ai quand même fait.
  • Ça me fait plaisir de voir ta chambre rangée, ça me permet à moi de la nettoyer plus vite.

Un article de Malka Berneron: Prendre rendez-vous & écrire ~ Témoigner

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